Culture

De la solitude des corps et des âmes, mais aussi d’autres choses...

EXPOSITION
22/05/2017

Installé depuis plus de quatre ans à Beyrouth, à soixante-quatre ans, Zouhair Dabbagh, qui affectionne les expositions collectives, en est pourtant à sa sixième exposition individuelle*. Une expo délibérément sans titre. Sculpteur au départ, la peinture est venue de l'amour des sketches et ce sont les matériaux (acrylique, mixed media, terracotta, bronze) à utiliser de diverses manières qui le fascinent. Pour un effet de transparence, de jeu de volumes, de perspective, de luminosité, de mobilité des lignes, d'approche et de réceptivité, surtout picturale. Pour une inspiration qui prend son point de départ de l'abstrait pour se perdre et se reconstruire dans un figuratif évasif, habité de généreuses zones d'ombre. En reproduisant, jusqu'à l'imitation, dans une direction de pastiche inventif ce que la peinture des années 60 et 80 a produit. Pour parler surtout de la grisaille du quotidien, de la mort dans l'âme, des séquelles de la guerre en Syrie, du trouble de l'exode, de la précarité, de la souffrance humaine, du désarroi de vivre.
Mais aussi un peu de tout, dans un fourre-tout, comme ces sculptures en bronze (taureau, femme assise, poète), à la facture conventionnelle, qui viennent comme un cheveu sur la soupe au milieu des images des toiles chargées de couleurs, de pâte rêche ou de morceaux de jute qui habillent des personnages surtout féminins.
Trente-six toiles aux chromatismes bien dosés, dix terracottas en petites murales, tout en relief, dénonçant avec une certaine virulence le malaise d'être et cinq sculptures en bronze aux motifs variés qui n'ont rien à voir avec l'ensemble.
Demeurent ces toiles, en une maille cohérente, au travail laborieux et élaboré. Surtout avec l'usage de la matière qui glisse jusqu'à faire croire à l'emploi de l'aquarelle tant l'acrylique est touché avec doigté et finesse.
À travers une expression plurielle, entre rêve et réalité, oppression et échappée belle, fouillis de tonalités sourdes ou gaies, colère et apaisement, un monde grouillant de vie. Une vie empreinte certes de tristesse, de solitude, mais non dénuée d'espoir, d'énergie et d'une certaine lumière.

*Art on 56th
Zouhair Dabbagh (peinture et sculpture), jusqu'au 27 mai.

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