Daniel Ricciardo pilotant sa monoplace Red Bull, lors de la première séance d’essais libres, hier, sur le circuit de Catalogne à Montmeló, en banlieue de Barcelone. Josep Lago/AFP
Distancée par Ferrari et Mercedes après quatre courses en raison de performances décevantes, tant au niveau du moteur que du châssis, Red Bull mise beaucoup sur ses nouveautés aérodynamiques lors du Grand Prix d'Espagne de F1 demain, en Catalogne, pour redresser la barre. « Cela déterminera probablement notre capacité à être sur le podium dans les prochaines courses ayant lieu jusqu'à l'été », annonce ainsi son pilote australien Daniel Ricciardo. Dans le simulateur, les données portant sur la dynamique des flux aérodynamiques sont apparemment meilleures avec ces changements, mais, comme le souligne le 3e du championnat des pilotes 2016, « tant que nous ne mettons pas la voiture en piste, nous ne savons pas vraiment si nous pouvons avoir confiance ».
Le GP d'Espagne, qui constitue depuis 1993 la première étape européenne de la saison, est d'ores et déjà crucial pour Red Bull. L'an passé, la course marquait les débuts du pilote néerlandais Max Verstappen, qui en profitait pour devenir le plus jeune vainqueur d'un Grand Prix de l'histoire de la F1, à 18 ans, 7 mois et 15 jours. Beaucoup d'observateurs voyaient dans le 2e au championnat des constructeurs 2016, qui peut compter sur les talents du génial ingénieur Adrien Newey, le principal bénéficiaire du chamboulement de la réglementation intervenu à l'intersaison. Las, en 2017, l'écurie de Milton Keynes n'a obtenu qu'un seul podium, grâce à Verstappen – 3e au GP de Chine –, malgré un duo de pilotes souvent considéré comme le plus complémentaire.
Et Red Bull semble incapable de rivaliser avec les deux autres écuries de pointe, Mercedes-AMG et Ferrari, avec lesquelles elle partage pourtant des budgets (plus de 300 millions d'euros par an), des effectifs (autour de 900 salariés) et des revenus commerciaux sans commune mesure avec ceux des autres équipes. Difficile au vu des enjeux de ravaler la déception du groupe fondé par le milliardaire autrichien Dietrich Mateschitz, arrivé en F1 en 2005. Ses dirigeants, qui menacent régulièrement de se retirer de la F1, où ils possèdent également l'écurie Toro Rosso, concentrent d'ordinaire leurs attaques sur un bouc émissaire tout trouvé avec Renault, leur motoriste de longue date. De ce côté, les améliorations du bloc propulseur, initialement espérées à Montréal début juin pour le GP du Canada, pourraient être retardées de plusieurs courses. Mais le châssis n'est pas exempt de reproches, ce qu'a reconnu le Dr Helmut Marko, conseiller spécial de Mateschitz. « Les nouveautés à Barcelone devraient permettre de renouer avec la victoire à moyen terme », espère-t-il.
Le retour en Catalogne sera l'occasion d'observer dans quelle mesure la RB13 a été améliorée depuis les essais hivernaux. « C'est une piste qui montre vos forces et vos faiblesses parce qu'il n'y a nulle part où se cacher, confirme Esteban Ocon, pilote de Force India. Ici, tout est question de performance aérodynamique et de confiance. » Ricciardo est, lui, inquiet du choix fait par Pirelli d'avoir recours sur le revêtement abrasif et bosselé de Barcelone aux seules gommes dures, médiums et tendres. Un comportement erratique des gommes Pirelli pourrait créer des différences dans la longue ligne droite des stands.
Après un GP de Russie avare en dépassements, les dizaines de milliers de spectateurs qui feront le déplacement demain à Montmeló n'attendent que ça...
Source : AFP
Ils sont attendus au tournant
Ceux – et ce – qu'il faudra surveiller pendant le GP d'Espagne...
- Hamilton à la relance : habitué au meilleur depuis 2014 avec Mercedes, Lewis Hamilton donne l'impression de traîner un petit spleen, évoquant même cette semaine la perspective de sa future retraite de la catégorie reine. « Je ne sais pas vraiment quand viendra le temps de quitter la F1, a confié le triple champion du monde. Cela pourrait être très bientôt ou bien dans très longtemps. » Face à la montée en puissance de son coéquipier Bottas, vainqueur à Sotchi, et la menace Vettel pour le titre, il aura pourtant besoin de tous ses moyens.
- Du mieux chez Renault ? Occupant pour l'instant le 8e rang au championnat des constructeurs, Renault Sport espère progresser grâce aux évolutions aérodynamiques introduites à Barcelone. Hülkenberg, son pilote de pointe, reste confiant. « Nous sommes en milieu de peloton, à la place envisagée en début d'année, mais les écarts sont très réduits », a indiqué Nick Chester, directeur technique de la partie châssis.
- Alonso franchira-t-il la ligne d'arrivée avant Indianapolis ? Victime d'énormes soucis de fiabilité qui touchent sa McLaren-Honda, Fernando Alonso n'a pas rallié une seule fois l'arrivée depuis le début de la saison. Pire : à Sotchi, il y a 11 jours, l'Espagnol n'a même pas pu prendre le départ, trahi par son électronique lors du tour de chauffe. « J'espère que nous serons épargnés par les ennuis ce week-end », a-t-il sobrement commenté. Car le pilote de 35 ans, le plus expérimenté du plateau avec ses 276 GP, est en réalité sans doute déjà tourné vers sa participation aux 500 Miles d'Indianapolis, fin mai. Son rêve américain l'a conduit à faire l'impasse sur une autre course prestigieuse, le GP de Monaco, où il sera remplacé par Jenson Button.
- Massa est regonflé : sa dernière victoire en F1 remonte à novembre 2008, chez lui, à Interlagos, mais Felipe Massa (36 ans) a toujours la flamme. Et le Brésilien aime bien le circuit de Catalogne, où il s'était imposé il y a 10 ans avec Ferrari. Il y a été impressionnant en essais cet hiver, justifiant avant même l'ouverture de la saison la confiance accordée au bref retraité par Williams, suite au transfert de Bottas chez Mercedes.

