Novak Djokovic (à gauche) et son désormais ex-entraîneur Marian Vajda, le 14 novembre 2012, lors d’une conférence de presse à Bratislava. Hier, le joueur serbe a annoncé s’être séparé non seulement de Marian Vajda, mais également de son préparateur physique et de son kinésithérapeute. Samuel Kubani/AFP
Novak Djokovic a opté pour une thérapie de choc afin de relancer sa carrière, en décidant de se séparer de son entraîneur Marian Vajda et de toute son équipe. « Je veux retrouver l'étincelle sur le court », a dit le tennisman serbe hier, dans un communiqué sur son site internet, un peu plus de deux semaines avant son 30e anniversaire, le 22 mai.
Marian Vajda, un ancien joueur slovaque âgé de 52 ans, avait accompagné Djokovic dans tous ses plus grands succès, dont douze titres du grand chelem, depuis près de onze ans (juin 2006). Durant deux ans, le Serbe avait fait équipe avec l'ex-joueur allemand Boris Becker, avant de le congédier en décembre dernier. Djokovic a également décidé de cesser sa collaboration avec son préparateur physique, l'Autrichien Gebhard Phil Gristch, et avec son kinésithérapeute, le Serbe Miljan Amanovic. Les deux hommes étaient considérés comme des artisans majeurs de sa prise de pouvoir sur le tennis mondial à partir de 2011.
Le désormais n° 2 à l'ATP souhaite constituer une nouvelle équipe « sans se précipiter ». « Je serai tout seul sur le circuit pendant un certain temps. J'y suis depuis assez longtemps pour savoir ce qu'il faut faire », dit-il dans son communiqué, où il n'est en revanche pas question du sort de l'Espagnol Pepe Imaz, son préparateur mental depuis 2012, mais avec qui la collaboration s'est intensifiée il y a quelques mois. « La décision n'a pas été facile à prendre, mais j'ai senti que j'avais besoin d'un changement. Je veux continuer à faire progresser mon jeu et ma condition physique. J'ai l'impression de commencer quelque chose de nouveau et ce défi me plaît », explique-t-il.
Usure mentale
Djokovic a atteint le sommet de sa carrière en juin 2016 en gagnant enfin Roland-Garros, le dernier tournoi du grand chelem qui manquait à son palmarès. Mais ce point culminant a été immédiatement suivi d'un déclin inexorable jusqu'à aujourd'hui. En près d'un an, le Serbe n'a remporté aucun tournoi majeur, disputant une seule finale contre le Suisse Stan Wawrinka à l'US Open en septembre, et a perdu la 1re place mondiale au profit de son vieux rival, le Britannique Andy Murray, grand bénéficiaire de sa baisse de régime.
Depuis l'été dernier, il n'a gagné qu'un seul trophée, au tournoi de Doha en tout début de saison, mais ce rebond a été immédiatement suivi d'un échec fracassant à l'Open d'Australie. À Melbourne, où il cherchait un septième sacre, il s'est fait battre dès le deuxième tour par l'Ouzbek Denis Istomin, 117e mondial à l'époque. Il n'avait pas quitté un grand chelem aussi tôt depuis 2008. Depuis, il n'a pas réussi à redresser la barre, perdant notamment en huitièmes de finale du Masters 1000 d'Indian Wells contre l'Australien Nick Kyrgios puis, après une blessure qui l'a privé de Miami, en quarts de finale de Monte-Carlo contre le Belge David Goffin.
L'an passé, le Serbe avait évoqué à plusieurs reprises des problèmes de motivation et d'usure mentale. Boris Becker, quelques jours après avoir été remercié, avait estimé que son ex-poulain ne s'était pas assez entraîné.
Source : AFP

