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Liban - Reportage

Sir el-Denniyé peaufine son image et redore ses vallées paradisiaques

Lancement hier du comité associatif « Sir fi el-Denniyé », mis en place avec l'aide du PNUD. Sa priorité ? Le tourisme, pour relancer le cycle économique d'une région oubliée de l'État.

Sir el-Denniyé et ses vertes vallées. Photo Anne-Marie el-Hage

Branle-bas de combat vendredi dernier à Sir el-Denniyé, où les notables de la localité et de l'ensemble du caza de Minieh-Sir el-Denniyé (Liban-Nord) ont lancé le comité associatif « Sir fi el-Denniyé » et son plan touristique pour la région. S'inscrivant dans le cadre du Projet de construction de la paix au Liban, développé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, l'événement revêt une importance majeure pour cette région soucieuse d'effacer l'image négative qu'elle suscite, liée au terrorisme islamiste.

L'attaque perpétrée dans la localité contre un campement de soldats de l'armée libanaise par un groupe de terroristes jihadistes en 2000, et qui avait fait une trentaine de morts dans les rangs de la troupe, reste ancrée dans les consciences. De même que les velléités de chefs islamistes d'établir en 2014 un « émirat islamique » sur les villes de Bakhhoun, Asoun, Sir el-Denniyé et Bkaasafrine. Mais l'armée libanaise veille ferme à la sécurité, soutenue par les habitants qui opposent un non catégorique à toute forme d'extrémisme. « Nous ne sommes pas des terroristes, mais un exemple de coexistence islamo-chrétienne. Et puis notre région est sûre, il y fait bon vivre », lancent d'une seule voix habitants et dignitaires à qui veut bien les entendre, invitant Libanais et touristes étrangers à venir visiter leur belle région.

Une région touchée par le chômage
Pour les écouter et les encourager, ce jour-là, le directeur du PNUD, Luca Renda, accompagné de son équipe et d'une poignée de journalistes s'étaient rendus dans la région. « Je vous promets de revenir visiter votre belle région et de profiter de votre hospitalité, accompagné de mon épouse et de mes enfants », lance-t-il dans la salle des fêtes de l'Association Dar el-Aytam el-islamiya, souhaitant « pleins succès » aux habitants mais aussi aux nombreux présidents de conseils municipaux et dignitaires locaux venus pour la circonstance. Parmi lesquels le président de la Fédération des municipalités de Denniyé, Mohammad Saadié, le président du conseil municipal de Bakhhoun, Ziyad Jamal, mais aussi Sami Fatfat, fils et représentant du député de la région, Ahmad Fatfat. Grand absent de la journée, l'ambassadeur britannique, Hugo Shorter, pourtant très attendu, Londres étant le donateur principal du projet.

Ce lancement représente une étape de taille pour le village de Sir el-Denniyé et pour l'ensemble du caza. Et pour cause, il signe la clôture d'une collaboration entre la localité et le PNUD, marquée par le partenariat de l'association Akkar Network for Development. « Une collaboration fructueuse de plusieurs années, qui a permis d'identifier les besoins de la région et de mettre en place des mécanismes de stabilité sociale susceptibles de contribuer à son développement », explique à L'Orient-Le Jour, Hovig Wannis, coordinateur local du projet.

Croulant sous le poids des réfugiés depuis le début du conflit syrien, touchée par le chômage et par l'émigration, mais dotée d'une grande richesse du fait de son patrimoine naturel, archéologique, religieux, agricole et culturel, Sir el-Denniyé n'a rien à envier aux autres régions touristiques du pays. La région qui était longtemps la destination de villégiature des Tripolitains et des vacanciers arabes tire même fierté de son potentiel. « Elle est pourtant oubliée de l'État », déplore le président de la municipalité de la localité, Ahmad Alam, qui soutient que « seul le tourisme peut aujourd'hui faire revivre la région sur le plan économique » et bénéficier « aussi bien aux communautés locales qu'aux réfugiés ».

Les vallées de Zahlan et de l'Enfer, incontournables
Devenir une destination touristique ne peut se faire du jour au lendemain, explique l'expert touristique et environnemental Gilbert Moukheiber. Cela nécessite de nombreuses années, voire des décennies, sur base d'un plan préétabli et respecté. Face à l'assistance, très attentive, il détaille ses arguments et le plan qu'il a concocté pour la région, lié au potentiel de Sir el-Denniyé, aux modalités et structures d'accueil, jusque dans les moindres détails, spécialités culinaires incluses.

« Sir el-Denniyé est la région la plus verte du Liban et la plus riche en sources d'eau, souligne-t-il. Elle est dotée de paysages paradisiaques, mais aussi du second plus important site archéologique du Liban, après Baalbeck », poursuit-il, évoquant la vallée de Zahlan, celle de l'Enfer (reliant les trois cazas de Minieh-Sir el-Denniyé, Hermel et Akkar) et la citadelle de Sfiré, pour ne citer que ces lieux, parmi tant d'autres. « Si vous désirez attirer des jeunes, vous devez proposer des prix jeunes, lance-t-il. Si vous désirez inviter des touristes étrangers à passer une semaine dans votre région, vous devez leur proposer des activités pour une semaine, et dans plusieurs villages, mais aussi des vallées protégées, des sentiers de marche balisés, un vieux souk qui propose des produits du terroir... »

Le ton est donné. M. Moukheiber lance son auditoire à l'assaut du plus grand sommet du pays, Kornet el-Sawda, mais aussi du mont des Quarante Sommets, fait miroiter diverses activités de free-skiing, de camping, d'obervation des étoiles, rappelant que le tourisme doit être « durable et responsable ». De quoi donner l'eau à la bouche aux amoureux de la nature. L'assistance se disperse, séduite et pleine d'espoir. Le petit groupe de journalistes va alors à la rencontre de quelques sites, la grotte naturelle de Zahlan qui surplombe la vallée et la source du même nom, l'hôtel Jezzar-Raad, construit en 1938, qui a hebergé de grandes figures politiques, locales et internationales, et enfin, le Palais des rêves, un complexe privé dans le village de Bakhhoun, à la décoration kitch, certes, mais susceptible de devenir, une fois achevé, une destination familiale très prisée.

Il ne reste plus maintenant qu'à appliquer le plan concocté par l'expert, afin de mettre en valeur les lieux, les adapter aux normes touristiques et environnementales, et lancer la communication. Sir el-Denniyé relèvera-t-elle le défi ?

Branle-bas de combat vendredi dernier à Sir el-Denniyé, où les notables de la localité et de l'ensemble du caza de Minieh-Sir el-Denniyé (Liban-Nord) ont lancé le comité associatif « Sir fi el-Denniyé » et son plan touristique pour la région. S'inscrivant dans le cadre du Projet de construction de la paix au Liban, développé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, l'événement revêt une importance majeure pour cette région soucieuse d'effacer l'image négative qu'elle suscite, liée au terrorisme islamiste.
L'attaque perpétrée dans la localité contre un campement de soldats de l'armée libanaise par un groupe de terroristes jihadistes en 2000, et qui avait fait une trentaine de morts dans les rangs de la troupe, reste ancrée dans...
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UNE REGION SI VERTE ET VRAIMENT PARADISIAQUE DONT JE ME SOUVIENS TOUJOURS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 33, le 10 avril 2017

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Commentaires (1)

  • UNE REGION SI VERTE ET VRAIMENT PARADISIAQUE DONT JE ME SOUVIENS TOUJOURS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 33, le 10 avril 2017

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