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La Dernière

Carmen Debbané et le CLES, une histoire d’amour et de rencontres

This is America

La fondatrice et présidente du Centre libanais pour l'éducation spécialisée reçoit la prestigieuse distinction « Philip C. Habib Award » pour son action éducative.

21/03/2017

Carmen Chahine Debanné rejoindra les personnalités qui, par leur action politique, humanitaire, éducative, philanthropique et leur réussite professionnelle, ont marqué la diaspora libanaise mondiale. C'est lors de la soirée de gala prévue mercredi, à Washington, en présence de Spencer Abraham, ancien secrétaire américain à l'Énergie, Habib Debs, PDG d'Advanced Technology Systems Company, et de la philanthrope Ghada Irani, que la présidente du Centre libanais pour l'éducation spécialisée (CLES) recevra, aux côtés de Sheikha Rima al-Sabah, fondatrice et PDG de Kuwait America Foundation, le Philip C. Habib Award.
Cette distinction lui est attribuée pour les services rendus dans le domaine de l'assistance éducative individualisée aux enfants ayant des troubles d'apprentissage spécifiques à travers le Liban, en partenariat avec le ministère de l'Éducation et l'Unicef. Elle lui sera décernée par l'American Task Force of Lebanon (ATFL), une organisation à but non lucratif, composée d'Américains d'origine libanaise, qui œuvrent pour le renforcement des relations historiques entre les États-Unis et le Liban, et la promotion de l'unité nationale, l'indépendance et la prospérité du pays.
« J'ai invité six Libanaises qui m'ont accompagnée dans cette initiative depuis sa création. Ce prix est destiné à toute l'équipe », indique Carmen Chahine Debbané. « Dès le début, j'ai senti que le Liban avait besoin de projets publics et privés. C'est ce qui m'a poussée à démarrer le Centre, qui a officiellement vu le jour le 8 mars 1999. »

104 classes de support scolaire
Cette organisation a besoin d'un grand financement pour mener à bien son objectif. Carmen Chanine Debbané assure que son budget est entièrement « autofinancé ». « Le ministère de l'Éducation met à notre disposition une classe dans une école publique avec deux professeurs, dit-elle. Nous avons ouvert 104 classes de soutien scolaire dans 104 écoles publiques, et formé près de deux cent enseignants. Nous travaillons avec le ministère dans la formation, l'allocation des classes et dans les programmes, ajoute-t-elle. L'Unicef a meublé et équipé deux de nos salles, à savoir le centre de Tripoli et celui de Saïda. »
« Le CLES compte sept centres avec une cinquantaine de personnes, composés à majorité de femmes et de trois hommes psychologues. Quatre spécialistes belges viennent tous les trois mois au Liban et six spécialistes libanaises constituent la base de la formation solide du centre. Le septième centre a récemment été inauguré à Badaro, en collaboration avec le ministère de l'Éducation, axé sur le brevet. Dans ses évaluations, le ministère pourrait soit dispenser, soit permettre de le présenter avec des arrangements selon les difficultés des enfants », estime-t-elle.

Baye, Hayek et Thurman
La présence en février dernier au Liban de Nathalie Baye, elle même dyslexique, aux côtés du CLES, a eu un grand impact. « Il existe de nombreux débouchés à explorer pour les enfants qui ont des troubles d'apprentissage que nous appelons dys », explique Mme Debbané. Elle ne manque pas de rappeler sa rencontre avec trois célèbres actrices dyslexiques, Salma Hayek, Uma Thurman et Nathalie Baye. Cette dernière, « une femme merveilleuse, a spontanément offert de venir au Liban témoigner de son expérience. En apprenant à gérer sa dyslexie, elle est devenue l'actrice que nous connaissons. » De nombreuses personnes souffrent de dyslexie, mais aussi de dystraxie, ou de dyscalculie.
Carmen Debbané fait feu de tout bois. Elle annonce ainsi qu'un nouveau projet verra le jour au Liban. Il se fera en partenariat avec le National Dance Institute de New York, qui a introduit la danse dans les écoles publiques de la ville. « Nous commencerons à entraîner des Libanais en août », affirme-t-elle. « La danse et la musique vont aider à l'expression corporelle pour que l'enfant ait confiance en lui là où il n'en a pas ailleurs. » Elle voudrait donner espoir à la nouvelle génération en créant aussi une bourse dys. « Elle s'adresse aux enfants dyslexiques ou hyperactifs qui n'ont pas obtenu de bonnes notes. Nous allons les accompagner pour qu'ils puissent intégrer une école technique ou professionnelle, jusqu'à leur insertion professionnelle, pour éviter qu'ils ne sombrent dans la délinquance ou la drogue. »
Et de conclure : « Le CLES est surtout une histoire d'amour faite de rencontres. Notamment Marianne Klees, qui a changé ma vie. La Françoise Dolto belge s'est prise de passion pour le Liban. Elle y est venue à maintes reprises et a transmis son savoir à toute l'équipe. Et puis mon mari, ma fille Myrna, mon fils Charles, mais aussi mon père et toutes les personnes croisées durant ce parcours. »

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