Le Premier ministre libanais Saad Hariri s'est voulu rassurant lundi, en évoquant la question du vote de la nouvelle grille des salaires du secteur public et de ses moyens de financement, estimant qu'il n'y avait pas besoin de manifester dans la rue, au lendemain d'un mouvement populaire anti-taxes qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes.
"Nous avons réaffirmé avec le président Michel Aoun la nécessité de mettre un terme à la corruption et la dilapidation des fonds dans le pays", a déclaré le Premier ministre, lors d'un point de presse à l'issue de son entretien avec le chef de l'Etat au palais de Baabda. "Nous avons été clairs par le passé : ce gouvernement est celui du regain de la confiance du peuple, et nous serons toujours honnêtes avec les gens, car seul le travail honnête satisfera les Libanais", a insisté M. Hariri.
"Il n'y a pas besoin de manifester, car tous les blocs politiques sont d'accord pour le vote de la grille. Nous réglons les différends politiques afin de voter cette grille. Il y a un dialogue positif entre tous les pôles politiques", a ajouté le Premier ministre.
Hier, les manifestants ont appelé au vote de la grille des salaires, tout en exhortant les responsables libanais à mettre un terme à la corruption et la dilapidation des fonds, au lieu de voter une série de hausse d'impôts dont plusieurs mesures qui toucheraient les classes défavorisées. Saad Hariri était allé à la rencontre des manifestants, mais ceux-ci l'ont hué en lançant sur son convoi des projectiles.
"Nous n'allons pas avoir recours à une (hausse) d'impôts tel que cela a été évoqué par certains, car nous vous assurons que nous ne voulons pas léser les gens. Tout ce qui a été dit à ce sujet n'est que mensonges. Il y aura des taxes imposées aux entreprises, aux travaux, ...", a affirmé M. Hariri.
Et d'ajouter : "Nous sommes en faveur de la grille, mais les choses doivent être claires. Cette grille va coûter 800 millions de dollars. Il faut qu'il y ait des réformes administratives. Cela est indispensable. Si nous relevons les salaires des fonctionnaires, ces derniers doivent savoir qu'ils devront améliorer le service qu'ils rendent au profit des citoyens".
Concernant le dossier des élections législatives prévues cet été mais dont le sort est plus que jamais incertain, M. Hariri s'est voulu rassurant.
"Je suis confiant, nous allons aboutir à une nouvelle loi électorale qui représente les Libanais tel qu'ils le souhaitent. Nous sommes ouverts à tous les projets de loi présentés. Il faut aussi que nos partenaires politiques, tel Walid Joumblatt (le chef du Parti socialiste progressiste), soient rassurés par rapport à la nouvelle loi électorale. Walid Bey se dit également ouvert au vote d'une nouvelle loi. Si nous pouvons dès demain voter un nouveau texte, nous le ferons".
La loi actuelle prévoit un mode de scrutin majoritaire plurinominal, officiellement critiqué par tous les pôles politiques. Mais ceux-ci n'ont toujours pas réussi à s'accorder sur un nouveau texte. La proportionnelle intégrale et le scrutin mixte alliant majoritaire et proportionnelle sont actuellement discutés.
"Nous avons réaffirmé avec le président Michel Aoun la nécessité de mettre un terme à la corruption et la dilapidation des fonds dans le pays", a déclaré le Premier ministre, lors d'un point de presse à l'issue de son entretien avec le chef de l'Etat au palais de Baabda. "Nous avons été clairs par le passé : ce gouvernement est celui du regain de la confiance du peuple, et nous serons toujours honnêtes avec les gens, car seul le travail honnête satisfera les Libanais", a...

