Le révérend Michael Lapsley présentant une version espagnole de son ouvrage. Archives
Le révérend Michael Lapsley (Afrique du Sud) est attendu au Liban. Handicapé à la suite d'un attentat qui l'a laissé borgne et sans mains, ce prêtre anglican, ancien opposant au régime de l'apartheid, a fondé un institut pour la guérison des mémoires, l'IHOM (« Institute for Healing of Memories ») et parcourt le monde en ambassadeur de la réconciliation et de la paix.
Il parlera de la guérison des mémoires et les défis du pardon le jeudi 23 mars, entre 18h et 20 h, à l'auditorium François Bassil (campus de l'innovation et des sports – USJ). Il sera accompagné d'un groupe d'intervenants: le P. Salam Aboujaoudé s.j., directeur de Dar el-Machrek, Stephen Kardashian, coauteur d'un ouvrage du P. Lapsley sur son expérience, le P. Sami Hallak s.j., traducteur de l'ouvrage, et Khalil Hélou, fondateur de l'association « Liban message ». L'entrée est libre.
Voici comment le P. Lapsley décrit son apostolat : « Des expériences douloureuses laissent en chacun de nous des souvenirs empoisonnés. Et ce poison – composé de sentiments de colère, de haine, de vengeance – risque de nous envahir, de nous détruire si nous le gardons enfoui au fond de nous. Il s'agit, dans nos sessions, d'offrir une occasion de constater ce fait, de le reconnaître puis de lâcher ce qui risque de nous détruire, afin de retenir du passé ce qui donne la vie. Je suis convaincu que c'est cela la volonté de Dieu pour les individus, les communautés et les peuples: que nous puissions reconnaître le passé sans en être prisonnier, que nous devenions, en quelque sorte, des guérisseurs blessés. »
Notons qu'à la suite d'un attentat qu'il avait subi en 1990, le P. Lapsley a perdu les deux mains et un œil. Lui-même « ressuscité » d'un profond sentiment de colère et d'un violent désir de vengeance, il souhaite, à travers l'œuvre de l'IHOM, offrir la même possibilité de guérison à d'autres personnes à travers le monde qui ont subi des blessures profondes.


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