Pour la première fois, toutes les nouvelles de l'écrivain américain William Faulkner, soit une centaine d'histoires dont six inédites en français, sont réunies en un volume dans la Pléiade, une initiative sans équivalent, y compris en anglais.
Sixième et dernier volume de la Pléiade consacré à Faulkner, ce livre de plus de 1 800 pages, qui vient de paraître, pourrait être le premier de la série tant les histoires courtes de l'auteur du Bruit et la fureur constituent une porte d'accès idéale à son œuvre.
Plus d'un demi-siècle après sa disparition en 1962, « Faulkner demeure l'un des plus grands nouvellistes anglo-saxons du XXe siècle, à l'instar de ses contemporains Francis Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway », fait remarquer dans sa préface François Pitavy qui a dirigé cette édition.
Le volume s'ouvre avec Les croquis de La Nouvelle-Orléans, histoires courtes rédigées entre janvier et juillet 1925, et publiées par le jeune Faulkner dans le journal local, Times-Picayune. Ces textes apparaissent comme des jalons de l'œuvre à venir. Ainsi, c'est évidemment à « Benjy », l'inoubliable idiot du Bruit et la fureur, que l'on pense en lisant parmi les « croquis » l'émouvante nouvelle Le royaume des cieux.
La plupart de ces nouvelles de jeunesse sont de petites merveilles d'observation de la condition humaine. Faulkner dessine déjà les contours de Yoknapatawpha, le territoire imaginaire où se situent ses histoires.
Le volume contient également deux contes dont Mayday, une curiosité littéraire, un conte pseudo-médiéval que Faulkner rédigea (et calligraphia soigneusement) pour une jeune femme dont il était l'amoureux transi.
Viennent ensuite les Nouvelles recueillies, ensemble de 42 histoires courtes choisies par Faulkner lui-même en 1950 (l'année de son Nobel) et rassemblant des textes écrits entre 1925 et 1942. Suivent onze nouvelles publiées du vivant de Faulkner dans des magazines, seize nouvelles restées inédites de son vivant et deux brèves fictions autobiographiques.
Comme dans plusieurs de ses romans, nombre de ses nouvelles sont « des histoires d'éducation ou de formation, de passage de l'innocence à l'expérience », souligne François Pitavy.
Les préfigurations abondent. Le protagoniste de Don Giovanni (histoire d'un veuf d'une trentaine d'années qui n'a aucun succès auprès des femmes !) servira de modèle à celui de Moustiques. Le téléphone dont la description clôt cette nouvelle anticipe l'usage insistant qui en sera fait dans Pylone. Comment ne pas penser au Popeye de Sanctuaire en lisant la nouvelle Le caïd ?
On trouve dans ces nouvelles « une volonté d'excellence », estime François Pitavy, qui met en avant « le travail acharné auquel certains textes ont donné lieu ».
Fort de 1 824 pages, le volume de nouvelles de Faulkner est vendu en France à 67 euros jusqu'au 31 décembre, ensuite à 74 euros.
(Source : AFP)


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