Des artistes modernes et contemporains s’expriment sous l’œil vigilant de deux grands maîtres du XXe siècle : Salvador Dalí et Philippe Hiquily.
Parlez-nous de la ligne directrice de l'exposition. Quel message souhaitez-vous passer ?
Une exposition hors les murs ou un accrochage dans une galerie est toujours un choix forcément subjectif. Voilà 30 ans que je collectionne de l'art contemporain, ouvre des espaces et organise des événements pour faire partager mes coups de cœur. Cette exposition au Yacht Club de Beyrouth en est le parfait exemple et elle se structure autour de trois lignes directrices. Un : mettre à l'honneur l'un des plus grands peintres et sculpteurs turcs, Ahmet Güneştekin, pour sa première exposition officielle au Liban. Deux : faire découvrir une sélection de quelques artistes majeurs défendus par Bel-Air Fine Art : Patrick Hughes, le maître britannique de la perspective inversée ; Zhuang Hong Yi et ses compositions optico-poétiques en papier de riz ; Tigran Tsitoghdzyan, le maître photoréaliste arméno-newyorkais et ses iconiques Mirrors ; ou Omar Galliani, le maître italien dont les portraits au crayon sont régulièrement exposés dans les musées transalpins. Trois : une galerie comme la nôtre se doit aussi de présenter le travail des artistes émergents. L'élu de cette exposition est le jeune plasticien Paul Sibuet, qui reprend les entablements des maîtres flamands du XVIIe siècle en leur donnant vie dans des compositions mi-tableaux mi-sculptures en 3D, non sans humour, avec cette similicoulure de peinture qui vient s'épanouir sur le sol.
Pour établir un lien avec le passé, ces artistes modernes et contemporains s'expriment sous l'œil vigilant de deux grands maîtres du XXe siècle que sont Salvador Dalí, le maître du surréalisme dont plusieurs pièces iconiques sont présentées, et Philippe Hiquily, récemment disparu, dont les compositions post-cubistes font partie des collections permanentes du Moma, du Guggenheim ou du Musée d'art moderne de la ville de Paris, entre autres.
L'exposition propose des œuvres d'artistes incontournables remises au goût du jour tout comme des œuvres de jeunes artistes émergents. Pourquoi avoir choisi une exposition qui joue sur cette ambivalence ?
Être un collectionneur passionné et un galeriste boulimique ne m'empêche pas d'être un curateur exigeant. Cette exposition, vous l'aurez compris, reflète un panorama pointu des tendances actuelles des artistes cotés sur le marché de l'art international, tout en faisant le lien avec les maîtres du passé, et montre déjà certaines voies créatrices qui seront les prémices de l'art contemporain du futur. Car, comme j'ai coutume de le dire, en reprenant les mots d'un grand marchand d'art moderne qui fut l'un de mes pères spirituels : chaque artiste invente le précédent.
Quelle est, selon vous, l'œuvre la plus singulière de l'exposition ? Et la plus représentative ?
L'œuvre la plus singulière est sans doute la grande composition murale en métal découpé de Güneştekin, reprenant dans chaque cercle concentrique des symboles universels de l'homme, des cultures, des villes : passé, présent et spiritualité... Quant à l'œuvre la plus représentative... s'il vous plaît, ne me demandez pas de choisir entre mes enfants !
*Le Contemporary Art Show au Yacht Club de Beyrouth, jusqu'au 16 mars, de 14h à 20h.


Un fourre tout, quoi! "chaque cercle concentrique reprend des symboles universels de l'homme, des cultures, des villes: passé, présent et spiritualité....OUF!!Reste à pouvoir digérer et (appréhender) tout ça!!!
12 h 32, le 11 mars 2017