Le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag, a déploré samedi le fait que la chancelière allemande Angela Merkel n'ait pas critiqué l'annulation de meetings pro-Erdogan en Allemagne, nouveau sujet de tension entre les deux pays.
"Mme Merkel dit qu'ils respectent la liberté d'expression, le ministre (allemand) des Affaires étrangères dit +nous n'avons pas d'impact sur cette décision+ mais si vous regardez attentivement, ils ne critiquent pas cette décision", a déclaré M. Bozdag à la presse samedi. "Ils ne disent pas que la décision prise par les autorités est mauvaise", a-t-il ajouté.
Trois meetings visant à promouvoir le oui lors d'un référendum le 16 avril sur le renforcement des pouvoirs du président turc, Recep Tayyip Erdogan, ont été annulés par les autorités locales jeudi et vendredi.
M. Bozdag lui-même devait participer à un meeting jeudi à Gagguenau (sud-ouest), annulé le jour-même.
La Turquie avait réagit très violemment, accusant l'Allemagne d’œuvrer pour une victoire du non à ce référendum.
"La situation légale en Allemagne est telle: nous sommes un système fédéral. Les communes ont des compétences, les régions ont des compétences et l'Etat fédéral a des compétences. En ce qui concerne l'organisation d'évènements, les autorisations sont décidées au niveau communal", avait répliqué Angela Merkel vendredi.
De son côté, le gouvernement néerlandais a jugé vendredi "indésirable" la tenue, prévue le 11 mars, d'un meeting pro-Erdogan à Rotterdam.
Interrogé sur cette déclaration, M. Bozdag a affirmé que des responsables politiques en Europe adoptaient une position anti-Turquie dans le but de gagner des voix pour des élections, imminentes aux Pays-Bas, ce qui est une "grosse erreur", selon lui.
Pour le ministre turc de la Justice, il est "très clair" que de nombreux pays membres de l'Union européenne "sont opposés au changement de système politique en Turquie" parce qu'ils ne veulent pas d'une Turquie stable et forte.
Les turbulences entre Berlin et Ankara, constantes depuis le putsch manqué de juillet en Turquie, se sont aggravées après l'incarcération lundi pour "propagande terroriste" du correspondant germano-turc du quotidien Die Welt en Turquie, Deniz Yücel.
M. Erdogan a présenté vendredi M. Yücel comme un "représentant du PKK", les rebelles kurdes, et comme un "agent allemand". Une accusation jugée "aberrante" par Berlin.
"Mme Merkel dit qu'ils respectent la liberté d'expression, le ministre (allemand) des Affaires étrangères dit +nous n'avons pas d'impact sur cette décision+ mais si vous regardez attentivement, ils ne critiquent pas cette décision", a déclaré M. Bozdag à la presse samedi. "Ils ne disent pas que la décision prise par les autorités est mauvaise", a-t-il ajouté.
Trois meetings visant à promouvoir le oui lors d'un référendum le 16 avril sur le renforcement des pouvoirs du président turc, Recep Tayyip Erdogan, ont été annulés par les autorités locales jeudi et vendredi.M. Bozdag lui-même...

