Jean Claude Bologne, écrivain spécialiste de l’histoire des sentiments amoureux.
Souffle divin, folie ou intuition intime ? Les coups de foudre, « seuls ceux qui y croient les voient », souligne l'écrivain spécialiste de l'histoire des sentiments amoureux Jean Claude Bologne, qui s'intéresse dans son dernier essai à cette « mystérieuse et soudaine attirance entre deux êtres ».
Vous venez de publier une « Histoire du coup de foudre » (Albin Michel). Comment peut-on définir ce phénomène ?
« C'est un amour immédiat et intense : ce sont les deux critères retrouvés dans tous les récits. Mais il y a autant de coups de foudre que de façons de les vivre, il peut durer ou non, être réciproque ou pas, plusieurs paramètres sont aléatoires. 15 % des Français disent avoir vécu un coup de foudre, 50 % parlent de déclic, c'est la même chose, mais sans l'intensité. Même si la plupart des coups de foudre aboutissent à une relation, le coup de foudre éternel ne semble pas exister. Une étude sociologique a défini que sa durée maximum était de six ans et demi... »
Quelles ont été les interprétations historiques de ce phénomène ?
« On cherche une explication aux dysfonctionnements corporels depuis l'Antiquité. Comme tout ce qui échappe à la raison, le coup de foudre a été considéré comme divin, puis comme de la folie. Au Moyen Âge, on proposait même des remèdes au coup de foudre avec des combinaisons de plantes ! Aujourd'hui, on trouve de multiples interprétations. Certains croient dur comme fer à la réincarnation et pensent qu'un coup de foudre est dû à une rencontre dans une vie antérieure. Il y a aussi l'explication scientifique d'un emballement hormonal, l'explication divine et l'interprétation psychologique : "Il n'y a pas de trouvailles, uniquement des retrouvailles", disait Freud. On trouverait donc quelque chose qu'on cherche depuis l'enfance. »
Le coup de foudre peut-il toucher tout le monde ?
« Crébillon (chansonnier du XVIIIe siècle), qui est le premier à avoir parlé des "coups de foudre", disait qu'ils étaient comme les fantômes : seuls ceux qui y croient les voient. Il faut se mettre dans les bonnes conditions pour qu'il arrive. La quête de l'âme sœur, avec son lot de déceptions et de surprises, ne débouche pas forcément sur un coup de foudre, ce n'est pas universel. La notion de surprise est une nécessité, il faut donc laisser le hasard opérer. Mais si on a des paratonnerres, la foudre ne peut pas tomber ! »
Vous venez de publier une « Histoire du coup de foudre » (Albin Michel). Comment peut-on définir ce phénomène ?« C'est un amour immédiat et intense : ce sont les deux critères retrouvés dans tous les récits. Mais il y a autant de coups de foudre que de façons de les vivre, il peut durer ou non, être réciproque ou pas, plusieurs paramètres sont aléatoires. 15 % des Français disent avoir vécu un coup de foudre, 50 % parlent de déclic, c'est la même chose, mais sans l'intensité. Même si la plupart des...


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20 h 54, le 14 février 2017