À gauche, Matt Ryan (n° 2), quarterback des Atlanta Falcons, et, à droite, Tom Brady (n° 12), quarterback des New England Patriots. Les deux équipes étaient opposées hier tard dans la nuit pour la grande finale du championnat de football américain, le Super Bowl. Combo Getty Images/AFP
New England, qui était opposé hier tard dans la nuit (01h30 heure de Beyrouth) à Atlanta dans le Super Bowl, a beau faire la loi sur le football américain depuis deux décennies, les Patriots sont l'équipe que bien des Américains aiment détester. La faute à la star Tom Brady et à leur entraîneur Bill Belichick.
Ils peuvent légitimement prétendre respectivement au titre de meilleur quarterback de l'histoire et de meilleur entraîneur de NFL, mais Brady et Belichick n'ont pas beaucoup de fans, hors de Boston et de sa région. Selon un sondage de l'institut Public Policy Polling, seulement 27 % des personnes interrogées espèrent que les Patriots vont remporter le Super Bowl pour la cinquième fois de leur histoire. Quelque 34 % des Américains ont une perception négative de Belichik, tandis que Brady est à la fois le quaterback le plus aimé (22 %) et le moins aimé (24 %).
Leur cote de popularité, déjà défaillante, n'a pas été aidée par leur soutien au candidat républicain Donald Trump lors de la campagne présidentielle. « Je ne parle pas de politique », a balayé mercredi dernier Brady, photographié par le passé avec une casquette portant le slogan de Trump, « Make America Great Again », qui n'a jamais caché, comme Belichick, son amitié pour le magnat de l'immobilier devenu président des États-Unis.
Sweat à capuche
Malgré leur extraordinaire longévité – Belichik est en poste depuis 2000, tandis que Brady peut devenir, à 39 ans, le premier quarterback à remporter le titre suprême à cinq reprises –, malgré leur palmarès – quatre victoires avant leur 7e Super Bowl hier –, le duo gagnant de New England reste, pour beaucoup, avant tout l'instigateur du Deflategate, le scandale des ballons sous-gonflés qui a éclaté en janvier 2015 et écorné à jamais leurs images.
Ils sont pourtant tous deux des phénomènes aux yeux de la plupart de leurs pairs. Belichick est tout simplement « le plus grand entraîneur ayant travaillé en NFL, a estimé Phil Simms, ancien quarterback des New York Giants. Comment peut-on encore en douter ? ». Belichick a hérité de son père, ancien entraîneur de l'équipe de la prestigieuse Académie navale d'Annapolis, un don rare pour motiver ses troupes. « Il sait mieux que personne trouver les joueurs qui s'adaptent à son système de jeu et mener ses hommes, il sait leur parler », a rappelé Lionel Vital, l'un de ses adjoints.
Souvent habillé d'un sweat à capuche cachant ses yeux, très distant avec les journalistes, Belichick (64 ans) rappelle en bien des points l'ancien entraîneur de Manchester United Alex Ferguson. « C'est quelqu'un dont le message et l'attitude ne varient jamais, il attache de l'importance à la discipline, il crie parfois, mais il sait tirer le meilleur de vous », a résumé Brady.
Plus grand que Joe Montana ?
Le quarterback des Patriots collectionne, lui, les records et pourrait devenir The Greatest, le plus grand joueur de l'histoire. « Si New England gagne ce match, il dépassera Joe Montana pour devenir le plus grand », a ainsi estimé Brett Favre, joueur légendaire de Green Bay. « Les gens peuvent le détester et peuvent dire tout ce qu'ils veulent sur lui, mais c'est le meilleur quarterback que j'ai vu jouer », a renchéri Ray Lewis, double vainqueur du Super Bowl avec Baltimore.
À sa sortie de l'Université du Michigan, Brady ne semblait pas parti pour une telle carrière : le beau gosse californien n'a été choisi qu'en 199e position lors de la Draft 2000. Mais son acharnement à l'entraînement et son sang-froid ont fini par payer, en septembre 2001, lorsqu'il est devenu le quarterback titulaire des Patriots, conduisant quelques semaines plus tard son équipe à son premier titre, contre Saint-Louis (20-17).
Depuis, il a offert trois autres titres (2004, 2005, 2015) à son équipe, remporté le trophée de meilleur joueur de la saison deux fois (2007, 2010), épousé l'ancienne top model Gisele Bündchen, purgé quatre matches de suspension pour son implication dans le Deflategate, mais il n'a pas changé. « Ma motivation, ce sont mes coéquipiers, à moi de faire en sorte que cette saison se termine bien », a-t-il insisté.
Rob WOOLLARD/AFP


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