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Cisjordanie: l'accord sur l'évacuation d'une colonie sensible en passe de capoter

AFP
23/01/2017

Un accord difficilement forgé par le gouvernement israélien pour éviter d'avoir à évacuer de force une colonie emblématique de Cisjordanie occupée menace de s'écrouler, deux semaines avant l'échéance.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu est confronté avec la colonie d'Amona à un casse-tête qui a mis à l'épreuve la cohésion de son gouvernement. Le gouvernement est tenu par une décision de la justice israélienne de démolir d'ici au 8 février la colonie d'Amona, illégale aux yeux de la justice israélienne.

Toutes les colonies, les implantations civiles israéliennes en territoire occupé, sont considérées comme illégales au regard du droit international. Elles sont aussi vues par une grande partie de la communauté internationale comme un obstacle majeur à la paix entre Israéliens et Palestiniens. Mais Israël distingue entre les colonies qu'il a approuvées, et les autres, dites sauvages, comme Amona. Les 40 familles d'Amona ont longtemps refusé de déménager, confrontant le gouvernement Netanyahu à la perspective, lourde de dommages politiques potentiels, de devoir employer la force.

Après des semaines de surenchère des défenseurs de la colonisation au sein de sa majorité, le gouvernement a obtenu en décembre que l'échéance initiale du 25 décembre pour l'évacuation soit repoussée à février. Les habitants ont accepté de partir pacifiquement contre la promesse d'être relogés sur des terrains voisins. Mais l'accord est en passe de capoter, ravivant le spectre d'une évacuation forcée et de violences entre habitants et leurs supporteurs d'une part, forces israéliennes de l'autre.

La Cour suprême israélienne a interdit lundi à titre provisoire à l'Etat israélien de prendre possession des terrains sur lesquels le gouvernement prévoyait de déplacer les résidents d'Amona, et d'y entreprendre des travaux, jusqu'à ce que la Cour ait démêlé la situation légale de ces terres, a rapporté l'ONG Yesh Din.
Yesh Din avait saisi la Cour suprême et soutient des Palestiniens qui revendiquent des droits sur les terres en question.

Le chef de cabinet de M. Netanyahu, Yoav Horowitz, a admis dimanche devant des ministres à huis clos que l'accord ne pouvait être appliqué à cause de complications légales, a rapporté la presse.
"Nous nous rendons compte aujourd'hui que le gouvernement et les responsables nous ont menti", a dit à l'AFP Eli Greenberg, un habitant d'Amona qui fait office de porte-parole pour les autres.

Environ 400.000 colons israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens en Cisjordanie.

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