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Une députée hostile au renforcement d'Erdogan se menotte au Parlement

Une députée turque s'est menottée jeudi au micro de la tribune du Parlement pour protester contre une réforme constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, selon les images diffusées par les médias.

Aylin Nazliaka, élue indépendante à la Grande Assemblée nationale de Turquie, s'est attachée avec une paire de menottes, au micro du pupitre de l'hémicycle à la reprise du vote en seconde lecture du texte jeudi soir, provoquant une interruption de séance.

"Je m'enchaîne au pupitre pour dire non au diktat d'un seul homme, m'opposer à l'anéantissement des valeurs républicaines et protester contre le menottage du Parlement avec cette révision constitutionnelle", a-t-elle déclaré, citée par le quotidien Hürriyet.

Ce projet de réforme, qui vise à instaurer un système présidentiel dans lequel le chef de l'Etat serait l'unique tête de l'exécutif, a donné lieu à de violents affrontements lors de son examen en première lecture: un député a eu le nez cassé, un autre a affirmé avoir été mordu au tibia.

Sur les 18 articles que compte le projet de réforme, sept ont été approuvés à la majorité requise des trois cinquièmes en seconde lecture. S'ils sont tous validés, les députés voteront ensuite une dernière fois sur l'ensemble du texte, qui sera soumis à référendum au printemps s'il récolte les voix nécessaires.

Cette réforme, présentée par la majorité comme essentielle pour garantir la stabilité au sommet de l'Etat, est largement décriée par l'opposition qui y voit une dérive autoritaire supplémentaire de M. Erdogan.
Aux termes de la réforme constitutionnelle, celui-ci pourrait en théorie se maintenir au pouvoir jusqu'à au moins 2029 et pourrait, entre autres, nommer ou limoger les ministres ainsi qu'un, voire plusieurs, vice-présidents.
Il pourra également intervenir directement dans le domaine judiciaire et promulguer des décrets.

Une députée turque s'est menottée jeudi au micro de la tribune du Parlement pour protester contre une réforme constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, selon les images diffusées par les médias.
Aylin Nazliaka, élue indépendante à la Grande Assemblée nationale de Turquie, s'est attachée avec une paire de menottes, au micro du pupitre de l'hémicycle à la reprise du vote en seconde lecture du texte jeudi soir, provoquant une interruption de séance.
"Je m'enchaîne au pupitre pour dire non au diktat d'un seul homme, m'opposer à l'anéantissement des valeurs républicaines et protester contre le menottage du Parlement avec cette révision constitutionnelle", a-t-elle déclaré, citée par le quotidien Hürriyet.
Ce projet de réforme, qui vise à instaurer un système...