Après Saint-Étienne, c’est au tour de West Ham de faire les frais de l’humeur de Payet, qui veut absolument changer d’air et retourner à Marseille. Pour un nouveau clash ? Glyn Kirk/AFP
Dimitri Payet « refuse de jouer » pour West Ham, qui ne le vendra pas : l'entraîneur croate du club de Londres, Slaven Bilic, a chargé hier la barque de son international français de 29 ans, le « meilleur joueur » de son équipe, mais qui cache de moins en moins ses envies d'ailleurs.
« Nous avons dit que nous ne voulons pas vendre nos meilleurs joueurs, mais Dimitri Payet ne veut pas jouer pour nous, a taclé Slaven Bilic en conférence de presse. Il est clairement notre meilleur joueur, c'est la raison pour laquelle nous lui avons offert un contrat long puis un nouveau contrat, quatre mois plus tard (en février 2016, NDLR). Je l'ai appelé en lui disant cela et il refuse de jouer pour nous. »
Qu'il semble loin, le temps où le mythique stade de Boleyn Ground chantait les louanges de Payet, « meilleur que Zidane », selon le refrain des fans des Hammers. L'ancien Marseillais aux coups francs dévastateurs faisait le bonheur de son coach en éclairant le jeu de West Ham par sa qualité de frappe, sa conservation de balle et sa vista incomparable. « Il a une vision périphérique de ce qui se passe autour de lui pour l'attaque et il a un talent inné pour trouver l'endroit où mettre le ballon là où l'adversaire sera en difficulté », avait diagnostiqué dans son style inimitable son ancien entraîneur à Marseille, Marcelo Bielsa.
Loin des hauteurs
Depuis, West Ham, 7e la saison dernière, a fait ses débuts dans l'ancien stade olympique de Londres et Payet, malgré une influence longtemps intacte dans le jeu, ne parvient plus à porter une équipe péniblement 13e de Premier League. Il semble surtout se lasser d'évoluer loin des hauteurs, comme en a témoigné une entrée en jeu pas plus convaincue que convaincante, la semaine dernière en Coupe d'Angleterre contre Manchester City, avec en point d'orgue un coup franc franchement désinvolte alors que les Citizens menaient 4-0 (score final 5-0).
« Il est probablement courtisé par certains clubs, ou quelque chose comme ça. C'est habituel à cette période de l'année », en plein mercato d'hiver, a encore estimé Bilic.
Le Réunionnais serait notamment sur les tablettes de... Marseille, dont la nouvelle direction rêverait de faire revenir le meneur de jeu, parti en 2015 après une magnifique saison sous la houlette de Bielsa.
Il y retrouverait quelques survivants de cette époque, dont Florian Thauvin avec qui il entretenait des rapports très frais, ainsi que le stade Vélodrome où il avait hurlé « c'est chez moi, ici ! » après y avoir inscrit le deuxième but de l'équipe de France contre l'Albanie à l'Euro 2016. Il connaît aussi très bien le nouvel entraîneur de l'OM, Rudi Garcia, sous les ordres duquel il avait évolué à Lille.
Un récidiviste
L'éventualité est toutefois balayée par Bilic, qui n'a pas convoqué Payet pour affronter Crystal Palace pour le match de demain, et avertit : « Jusqu'à ce qu'il change d'attitude, il est hors de l'équipe et ne s'entraînera pas avec nous. Mais nous n'allons pas le vendre. J'attends de lui qu'il revienne et montre de l'implication et de la détermination à l'équipe, comme l'équipe lui en a montré. »
C'est en effet grâce à ses excellents états de service en Angleterre (12 buts, 12 passes lors de la saison dernière) que Payet avait pu retrouver l'équipe de France, et disputer l'Euro 2016, où il avait été l'un des Français les plus en vue jusqu'à la finale, perdue contre le Portugal.
Ce n'est pas la première fois que Payet part au clash avec un de ses clubs : lors du mercato d'hiver 2010-2011, il avait fait le forcing pour rejoindre le Paris SG, alors qu'il évoluait à Saint-Étienne. Le président du directoire des Verts, Roland Romeyer, l'avait même sommé de « cesser de faire "l'andouille" ». Payet avait fini par se résigner.
« Le bras de fer avait duré 48 heures. Il s'était excusé devant tout le groupe et il avait assumé les sanctions, a expliqué son ex-entraîneur Christophe Galtier. Ce n'est pas un filou ni un fouteur de merde. Dans la vie, il est joueur comme sur le terrain. Des fois il gagne, des fois il perd, mais il assume toujours. »
(Source : AFP



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