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Sport

Passage à 48 équipes : Infantino gagne son premier pari

Mondial 2026
OLJ
11/01/2017 | 00h47

Toujours plus grand, toujours plus de matches, toujours plus de bénéfices escomptés : de 32 équipes et 64 matches actuellement, le Mondial 2026 passera à 48 équipes et 80 rencontres. La FIFA l'a décidé hier et son président Gianni Infantino gagne ainsi son premier pari.
De 13 équipes à sa création en 1930 à 24 en 1982 et 32 depuis 1998, la Coupe du monde grossit encore et se disputera selon une première phase éliminatoire de 16 groupes de 3, les deux premiers de chaque groupe étant qualifiés pour les 16es de finale.
Élu il y a moins d'un an sur un programme de réformes, Infantino assoit ainsi son autorité. Il impose sa première grande révolution à un monde du football qui n'était pas totalement acquis à cette proposition formulée pour la première fois à la mi-décembre. « Nous devons dessiner la Coupe du monde du XXIe siècle (...) Le football ne se limite pas à l'Europe et à l'Amérique latine », a souligné M. Infantino, pour qui cela permettra à « plus de pays de rêver ».
Réticente jusqu'alors, l'UEFA s'est finalement rangée à la proposition adoptée à l'unanimité. « Il était clair que toutes les autres confédérations étaient largement en faveur de cette expansion. Donc, l'UEFA a décidé de s'aligner sur ce vote », a réagi la confédération européenne.
Le Mondial 2026, dont le pays organisateur sera connu en mai 2020, offrira 80 rencontres (contre 64 dans un format à 32). « La bonne nouvelle, c'est que le Mondial à 48 équipes se disputera encore sur 32 jours, que l'équipe vainqueur jouera 7 matches comme aujourd'hui et que le tournoi aura lieu encore dans 12 stades », s'est encore félicité M. Infantino.

Des gains énormes
Pour autant, cette réforme n'a pas effacé toutes les critiques. « C'est une décision qui a été prise pour des raisons politiques (Infantino soignerait ainsi son électorat, NDLR) plutôt que sportives et c'est regrettable », a asséné l'Association européenne des clubs (ECA). « Du point de vue de coach de club, il y a trop de sélections dans ce format », a réagi Massimiliano Allegri, coach de la Juventus, ajoutant cependant que « si j'étais sélectionneur, je serais sans doute content ». « J'y suis favorable », a réagi Claude Le Roy, sélectionneur français du Togo. « Mais il aurait fallu aller au bout de leur logique plutôt que d'être démago et de vouloir faire plaisir à tout le monde. Il aurait fallu proposer huit groupes de six équipes, ce qui garantissait cinq matches à chacune. »
Pour Infantino, successeur de Joseph Blatter, ce format élargi permettra d'accroître l'intérêt sportif de la compétition reine du sport roi, en donnant à plus de pays et pas seulement les grandes puissances du foot l'espoir de se qualifier.
Un exemple ? L'Islande et le pays de Galles ont atteint respectivement les quarts et les demi-finales de l'Euro en France cet été, bénéficiant du passage de 16 à 24 équipes de la compétition continentale, fruit de la volonté de Michel Platini, ex-patron de l'UEFA, et de... Infantino, alors son secrétaire général.
Mais ce n'est peut-être pas l'argument principal. Selon un rapport confidentiel de la FIFA, un Mondial à 48 assurerait une hausse conséquente des revenus : 640 millions de dollars (605 millions d'euros) supplémentaires par rapport aux prévisions du Mondial 2018 en Russie à 32 équipes.
Les revenus des droits de télévision progresseraient également de 505 millions de dollars et ceux du marketing de 370 millions de dollars, selon cette même analyse.

Quelle répartition par confédération ?
Dans le même temps, les coûts d'organisation augmenteraient certes, mais le tournoi pourrait encore se dérouler dans 12 stades, comme en Russie.
Certains doutent toutefois de la faisabilité des projections financières de la FIFA, alors que deux partenaires majeurs (Sony et Emirates) n'ont pas été remplacés.
Face à la hausse des coûts induits, Infantino avait expliqué être favorable à « une coorganisation » par plusieurs pays. Un tandem États-Unis/Canada, voire un trio avec l'apport du Mexique, pourrait postuler pour 2026. « C'est une possibilité », a confirmé Victor Montagliani, le président de la Fédération canadienne et de la Concacaf (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes). Le Maroc pourrait aussi se mettre sur les rangs.
Reste maintenant à connaître le nombre de places supplémentaires allouées à chaque confédération, une question qui « n'a pas été encore décidée », a assuré M. Infantino. Ce point devrait être finalisé au prochain congrès de la FIFA en mai à Manama (Bahreïn).
Mais selon des sources concordantes, l'Europe passerait de 13 à 16 places, l'Afrique, principale bénéficiaire, de 5 à 9, et l'Amérique latine de 4,5 à 6,5, entre autres.
(Source : AFP)

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