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La réforme pénale, énorme tâche inachevée selon Obama

Les Etats-Unis ont "énormément de travail à faire" pour réformer leur système pénal et pour davantage humaniser leur univers carcéral, écrit jeudi le président Barack Obama dans la Harvard Law Review.

Ce long article de 56 pages est à la fois un bilan défendant l'action de son gouvernement sur un sujet qui lui tient à coeur depuis bien avant son arrivée à la Maison Blanche, et un appel au futur président Donald Trump --non nommé dans l'article-- afin qu'il poursuive des réformes présentées comme cruciales mais laissées inachevées.

"Nous ne pouvons tout simplement plus nous permettre de dépenser chaque année 80 milliards de dollars dans les incarcérations, de faire une croix sur les 70 millions d'Américains --soit presque un adulte sur trois-- qui ont un casier judiciaire, de libérer chaque année 600.000 détenus sans un meilleur programme de réinsertion dans la société, ni d'ignorer l'humanité des 2,2 millions d'hommes et de femmes actuellement dans les prisons américaines", souligne M. Obama.

Le président américain est un ancien professeur de droit constitutionnel et est sorti diplômé de Harvard, ce qui donne un relief particulier à sa collaboration avec la Harvard Law Review, une publication spécialisée dont les numéros mensuels d'environ 2.500 pages paraissent de novembre à juin.

Dans cet article intitulé "Le rôle du président pour faire progresser la réforme de la justice pénale", Barack Obama reprend certains de ses chevaux de bataille, sur lesquels il aurait aimé obtenir davantage de progrès, comme le durcissement des lois sur les armes individuelles. "Ne nous méprenons pas. Les violences par arme à feu sont une épidémie qui touche l'ensemble de notre pays au quotidien", juge le président.
"Si l'on considère seulement cette dernière décennie, plus de 100.000 personnes ont été tuées dans des violences par arme à feu et des millions d'autres ont été victimes d'agressions, de vols et autres crimes impliquant une arme", détaille-t-il.
"Et sur cette même période, près de 200.000 personnes parmi nos voisins, amis et familles se sont suicidées avec une arme", poursuit M. Obama.

Dans un autre chapitre, le président insiste sur le problème de la surpopulation carcérale aux Etats-Unis, estimée à 2,2 millions de personnes alors qu'elle n'atteignait pas un demi-million en 1980.
M. Obama s'est déclaré en faveur d'alternatives pénales pour les petits délinquants et a commué ces derniers mois les peines de réclusion de centaines de personnes majoritairement condamnées dans des affaires de drogue.

Barack Obama a enfin appelé à "restaurer le droit de vote pour ceux qui ont payé leur dette à la société".
"Plus de six millions d'Américains --dont une part disproportionnée de personnes de couleur-- sont privées de vote en raison d'une (ancienne) condamnation pour infraction grave", a rappelé M. Obama.

Les Etats-Unis ont "énormément de travail à faire" pour réformer leur système pénal et pour davantage humaniser leur univers carcéral, écrit jeudi le président Barack Obama dans la Harvard Law Review.
Ce long article de 56 pages est à la fois un bilan défendant l'action de son gouvernement sur un sujet qui lui tient à coeur depuis bien avant son arrivée à la Maison Blanche, et un appel au futur président Donald Trump --non nommé dans l'article-- afin qu'il poursuive des réformes présentées comme cruciales mais laissées inachevées.
"Nous ne pouvons tout simplement plus nous permettre de dépenser chaque année 80 milliards de dollars dans les incarcérations, de faire une croix sur les 70 millions d'Américains --soit presque un adulte sur trois-- qui ont un casier judiciaire, de libérer chaque année 600.000...