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Culture - Exposition

Li Wei, ou l’empire du beau

Pour la première fois, les toiles de Li Wei* voyagent au-delà des limites de l'Empire du Milieu. Être devant une peinture de cette artiste chinoise, c'est ressentir, un peu, quelque chose de
l'ordre de l'indicible.

« The Bird’s Cry n° 9 » : acrylique et pigments sur toile (70 x 55cm).

À 40 km de Pékin, dans un village abandonné, les anciens bâtiments des paysans sont repris par une nouvelle génération d'artistes pour servir d'ateliers. Âgée de 36 ans, Li Wei fait partie de cette génération marquée par l'art occidental qui, pour mieux évoluer, s'est rapprochée de la peinture du XXe siècle et a pris conscience d'une nouvelle créativité. Brillamment diplômée de plusieurs écoles d'art, elle vit entre Hong Kong et Pékin. Après avoir participé à diverses collections collectives, elle expose pour la première fois hors de Chine, jusqu'au 30 décembre, à la galerie Alice Mogabgab, ses «Murmures-peintures»*. Son art, comme une amplification de la peinture à l'encre, demeure néanmoins fidèle au classicisme. Elle interprète la réalité dans la version de son siècle. Et son sujet, toujours au milieu de la toile, n'est pas sans rappeler les peintures du Moyen Âge où l'on plaçait le personnage au centre pour mieux le mettre en valeur.

La Chine, 6 000 ans d'histoire
L'histoire culturelle de la Chine est une histoire continue sans hiatus. C'est à la fin des années 70 que l'art contemporain chinois s'établit et tente, au-delà du désir d'ouverture et d'exploration, de s'approprier des éléments de l'art contemporain
occidental.
Les peintres chinois ont toujours examiné toutes les vertus colorées de l'encre et tous ses effets de matière. Ils pratiquent la technique du dégradé et considèrent la diversité des nuances de gris et noir de l'encre diluée comme une couleur à part entière. La peinture monochrome constitue une catégorie essentielle de l'art chinois. Ce procédé pictural caractérise la première étape de la peinture. Plus tard, le dessin monochrome s'affirme comme un genre esthétique à part entière.

Une technique comme une philosophie artistique
L'œuvre de Li Wei accuse une rupture avec la tradition picturale chinoise où elle abandonne le procédé traditionnel du pinceau encré et du geste ancestral très particulier. Elle reste cependant très proche du propos classique, celui du paysage, des plantes, des oiseaux et des poissons, celui du shan shui qui détermine l'art le plus accompli de la peinture du paysage chinois.
Elle expérimente, dans une forme de pixellisation, une technique nouvelle, dans un procédé délicat et subtil inspiré par l'imagerie digitale sur des supports comme la toile marouflée ou la soie. La toile marouflée, renforcée par une autre apposée à l'arrière, permet de rendre aux couleurs une luminosité comme ravivée par enchantement. L'artiste sait comment appliquer l'encre sur la feuille afin de donner l'illusion de l'espace et créer un parfait équilibre entre le motif peint et l'espace vide pour conférer une âme à son sujet.
Contrairement à la peinture traditionnelle qui se pratique à l'horizontale, Li Wei travaille à la verticale et pose sa trame avec une précision stylistique et une maîtrise constante du geste.

Tout est dit avec si peu de choses
Li Wei perpétue la tradition en restant fidèle aux couleurs et à la monochromie des tonalités. Les rouges des saules renvoient aux murs du palais impérial et le vert des plantes se décline sur la toile dans un jeu d'ombres chinoises. L'absence de profondeur et de perspective fait ressortir le grain de la toile dans un travail minutieux et subtil. Par la délicatesse et l'intelligence du geste, des milliers de points forment des lignes interrompues dans lesquelles le regard plonge et se perd.
Dans un travail d'épure absolue, Li Wei invite le visiteur à écouter le cri des oiseaux, le murmure du vent à travers les roseaux et les nénuphars et à deviner le bruissement des feuilles. Le non-dit totalement abstrait est suggéré par le traitement du noir et du gris dans la représentation de la neige aux aspects ouatés et veloutés. Li Wei, une grande révélation qui renouvelle la tradition dans la recherche du plus beau.

* Achrafieh, face ABC, 1er étage au-dessus de Noura. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi de 10h à 19h et samedi de 10h à 13h. Tél. : 01/204984.

À 40 km de Pékin, dans un village abandonné, les anciens bâtiments des paysans sont repris par une nouvelle génération d'artistes pour servir d'ateliers. Âgée de 36 ans, Li Wei fait partie de cette génération marquée par l'art occidental qui, pour mieux évoluer, s'est rapprochée de la peinture du XXe siècle et a pris conscience d'une nouvelle créativité. Brillamment diplômée de plusieurs écoles d'art, elle vit entre Hong Kong et Pékin. Après avoir participé à diverses collections collectives, elle expose pour la première fois hors de Chine, jusqu'au 30 décembre, à la galerie Alice Mogabgab, ses «Murmures-peintures»*. Son art, comme une amplification de la peinture à l'encre, demeure néanmoins fidèle au classicisme. Elle interprète la réalité dans la version de son siècle. Et son sujet, toujours au...
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