La direction d'un important site d'information en ligne a accusé jeudi les fournisseurs d'internet au Qatar de bloquer l'accès à ses lecteurs, y voyant un acte délibéré de censure par les autorités.
Doha News, l'un des sites les plus populaires dans le Golfe et qui avait publié une série d'articles critiques, est inaccessible depuis presque 24 heures.
Cette mesure a aussitôt été dénoncée comme "alarmante" par Amnesty International, qui a appelé les autorités du Qatar à "révoquer immédiatement le blocage de Doha News".
"Nous pouvons conclure que notre site a été délibérément visé et bloqué par les autorités qataries", a indiqué le journal en ligne dans un communiqué reçu par l'AFP.
"Nous sommes extrêmement déçus par cette décision qui apparaît comme un acte de censure" et "que le Qatar, qui accueille la chaîne Al-Jazeera et le centre de Doha pour la liberté de presse, ait pris une telle décision", a-t-il ajouté.
Le site, qui évalue son audience à près d'un million d'abonnés par mois, semble avoir été bloqué mercredi par les fournisseurs Ooredoo et Vodafone. Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de ces deux compagnies.
La démarche est "un recul alarmant pour la liberté d'expression dans le pays", dénonce James Lynch, directeur adjoint d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord.
"Empêcher délibérément les gens au Qatar d'accéder à un site légitime d'information est une attaque flagrante à la liberté des médias", estime-t-il dans un communiqué.
Fondateur d'Al-Jazeera et siège d'un centre consacré à la promotion de la liberté des médias à travers le monde, "le Qatar devrait être à l'avant-garde des défenseurs de la liberté de presse".
"Au lieu de cela, le gouvernement semble avoir particulièrement pris pour cible une source clé de journalisme indépendant et crédible dans le pays, qui a joué un rôle important dans l'encouragement du dialogue et la discussion sur des questions sociales et politiques qui touchent les gens au Qatar", ajoute James Lynch.
Il y a deux mois, Doha News avait critiqué dans son éditorial une loi qatarie sur la cybercriminalité comme un outil pour "faire taire" les opinions. Il avait aussi donné, l'été dernier, la parole à un gay qatari alors que l'homosexualité est interdite dans cet émirat.
Le Qatar, qui organise le Mondial 2022 de football, a multiplié les annonces ces derniers mois pour tenter d'améliorer son image après des critiques sur la situation sociale.
Cette mesure a aussitôt été dénoncée comme "alarmante" par Amnesty International, qui a appelé les autorités du Qatar à "révoquer immédiatement le blocage de Doha News"."Nous pouvons conclure que notre site a été délibérément visé et bloqué par les autorités qataries", a indiqué le journal en ligne dans un communiqué reçu par l'AFP."Nous sommes extrêmement déçus par cette décision qui apparaît comme un acte de censure" et "que le Qatar, qui accueille la...

