Deux anciens camarades d'étude d'Hassan Diab, principal suspect de l'attentat de la rue Copernic à Paris en 1980, ont livré aux enquêteurs une version accréditant l'hypothèse de sa présence à Beyrouth au moment des faits, donc son alibi, a appris l'AFP mercredi de sources proches du dossier.
Extradé du Canada en novembre 2014, où il était devenu professeur d'université, mis en examen et écroué, Hassan Diab réfute tout lien avec l'explosion qui avait fait quatre morts le 3 octobre 1980, près d'une synagogue.
L'enquête a attribué l'attentat au Front populaire de Libération de la Palestine - Opérations spéciales (FPLP-OS) et les services de renseignement avaient identifié pour la première fois en 1999 le Libanais Hassan Diab comme le possible poseur de la bombe.
Resté longtemps mutique, il s'était finalement longuement expliqué en janvier devant le juge d'instruction, affirmant qu'il se trouvait à Beyrouth à l'époque pour passer ses examens à l'université, et citant les noms de deux femmes ayant révisé les épreuves avec lui.
L'une des deux femmes, Haidar S., a pu être entendue le 18 octobre, ainsi qu'un homme, Hussain S., lui aussi camarade de Diab, a raconté une source proche du dossier à l'AFP.
Ces deux témoins se sont montrés "catégoriques" pour affirmer qu'Hassan Diab avait passé les examens avec eux en 1980 et 1981 et l'homme s'est souvenu que son anniversaire, le 9 octobre, était tombé durant les épreuves, selon un compte rendu du juge sur son déplacement au Liban, dont l'AFP a eu connaissance.
"Cela ne prouve rien", a réagi un avocat de parties civiles, Me Bernard Cahen. "Les examens ont duré plus d'un mois. Il a pu se rendre en France durant cette période".
Après ces témoignages, le juge a décidé de remettre Hassan Diab en liberté, mais la cour d'appel a ordonné le 4 novembre son maintien en détention provisoire, comme elle l'avait fait en mai.
"Il n'y a strictement aucune explication rationnelle à cette obstination", a déploré l'avocat de Diab, William Bourdon.
"Les seules explications possibles sont l'incroyable pression sécuritaire qui s'exerce aujourd'hui dans les affaires de terrorisme", a-t-il ajouté.
Dans sa décision, la cour d'appel liste les autres éléments à charge contre Diab: sa ressemblance avec des portraits-robots réalisés à l'époque, la découverte d'un passeport à son nom avec des tampons d'entrée et de sortie d'Espagne, d'où serait parti le commando, des expertises graphologiques ou encore le témoignage d'un couple le mettant en cause comme appartenant aux groupes palestiniens au début des années 80. Autant d'éléments fermement réfutés par sa défense.
Dernières Infos
Attentat Copernic: de nouveaux témoignages accréditent l'alibi de Hassan Diab
AFP / le 16 novembre 2016 à 18h38


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026