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Les "leporello" d'Etel Adnan exposés à l'Institut du monde arabe

"Leporello": de ces longs livres illustrés en forme d'accordéon multicolores, la poétesse libano-américaine Etel Adnan fait des oeuvres d'art, exposées à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris.

Née d'un père syrien marié à une chrétienne d'origine grecque, Etel Adnan, 91 ans, "a grandi entre deux cultures où l'on parle français à la maison", explique le commissaire de l'exposition, Sébastien Delot.

Venue étudier la philosophie à Paris, elle est recommandée par le philosophe Gaston Bachelard pour enseigner dans un collège proche de San Francisco. C'est ce paysage californien qu'Etel Adnan traduit "avec des aplats de couleurs très franches sorties du tube, avec des compostions parfois sourdes et des couleurs juxtaposées".

Dès l'entrée, le visiteur peut apercevoir des peintures de paysages, des petits formats (40x30 cm) "qui frôlent l'abstraction", et ces fameux "+leporello+, souligne Sébastien Delot.

L'un d'eux a été réalisé après l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963. Etel Adnan a traduit un poème de l'Américain Wendell Berry, travaillé la calligraphie - les "t" devenant des croix - et illustré de couleurs vives les derniers instants du président.

D'autres "livres-accordéon", dont certains, dessinés à l'encre de Chine, montrent la vie à New York, font du leporello le "fil conducteur de l'exposition", insiste le Commissaire, parlant de "quasi composition musicale".

Jamais exposée à ce jour dans une institution française, Etel Adnan s'est aussi attaquée à des formats plus grands (180x120 cm). L'exposition donne à voir l'un d'eux sur les trois existants dans le monde, "Le Tigre à Bagdad" (1971). Un accident de voiture en 1980 empêchera l'artiste de continuer dans cette voie.

"L'apocalypse arabe" (1980), une fable débutée au temps des pharaons pour se terminer dans les camps de réfugiés palestiniens, ouvre et ferme l'exposition qui se termine le 1er janvier 2017.

Au centre d'une pièce sont affichés les fragments annotés, corrigés, ponctués de dessins du livre. C'est sous forme de tapuscrit que le visiteur peut découvrir cette apocalypse.

Le texte est lu successivement en voix off par Etel Adnan en français, en arabe et en anglais.

L'exposition d'Etel Adnan à la Serpentine Gallery de Londres du 2 juin au 11 septembre 2016 avait attiré quelque 100.000 personnes.
"Leporello": de ces longs livres illustrés en forme d'accordéon multicolores, la poétesse libano-américaine Etel Adnan fait des oeuvres d'art, exposées à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris.Née d'un père syrien marié à une chrétienne d'origine grecque, Etel Adnan, 91 ans, "a grandi entre deux cultures où l'on parle français à la maison", explique le commissaire de l'exposition, Sébastien Delot.Venue étudier la philosophie à Paris, elle est recommandée par le philosophe Gaston Bachelard pour enseigner dans un collège proche de San Francisco. C'est ce paysage californien qu'Etel Adnan traduit "avec des aplats de couleurs très franches sorties du tube, avec des compostions parfois sourdes et des couleurs juxtaposées".Dès l'entrée, le visiteur peut apercevoir des peintures de paysages, des petits formats (40x30...