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Liban - Conférence

À l’Usek, l’identité et l’histoire au service de la diplomatie

Les ministres des AE de Grèce, de Chypre et du Liban ont animé les débats.

Face aux nouveaux défis auxquels est actuellement confronté le Proche-Orient, aux prises avec de multiples turbulences et facteurs de déstabilisation, les États du pourtour méditerranéen notamment sont aujourd'hui appelés à repenser ensemble la manière de définir leur politique étrangère. Il s'agit désormais d'être « créatif », en incorporant à la réflexion les éléments identitaires et historiques, pour mieux se projeter dans l'avenir.

C'est, brièvement, la synthèse qui ressort d'une conférence organisée hier à l'Université Saint-Esprit de Kaslik sur le thème « Le rôle de l'identité et de l'histoire dans la définition de la politique étrangère ».
Animée par les ministres des Affaires étrangères libanais, Gebran Bassil, grec, Nikos Kotzias, et chypriote, Ioannis Kasoulidès, la conférence s'inscrivait dans le cadre de la visite officielle des chefs de la diplomatie grec et chypriote à Beyrouth, une initiative décidée au cours de la conférence « Forum informel sur la sécurité et la stabilité » qui s'était déroulée à Rhodes, en Grèce, les 8 et 9 septembre dernier. Cette rencontre était, à l'époque, une occasion pour les ministres des Affaires étrangères présents d'échanger les points de vue sur un large éventail de sujets ayant trait à la sécurité et à la stabilité en Méditerranée orientale et au-delà.

C'est dans cet esprit que s'est tenue la conférence de l'Usek, les interventions des ministres touchant aux questions de sécurité et de stabilité comprises à travers le prisme de la préservation des identités et de la diversité culturelle qui caractérisent cette partie du monde. Car, s'accordent à dire les interlocuteurs, on ne saurait préserver les appartenances et le legs historique des peuples de la région qu'en posant un regard constructif et non nostalgique sur le passé, pour mieux redéfinir l'avenir.

« Les identités influent sur la perception des États, leurs objectifs et le type de relation à entretenir avec le voisinage », a souligné l'ancien ambassadeur et professeur de relations internationales Nassif Hitti. S'il reconnaît que « l'on fait la politique de sa géographie », le modérateur préconise à l'occasion « le partage des expériences nationales qui, a-t-il dit, reste le pilier fondamental permettant le développement de stratégies communes pour faire face aux multiples défis ». Selon lui, « une politique étrangère réussie est le dérivé d'une gestion intelligente, créative et continue de l'interaction tripartite entre l'identité et ses composantes, la géopolitique et l'histoire ».

Si l'histoire est révélatrice des identités et des patrimoines culturels et institutionnels respectifs, elle est également source d'inspiration et d'apprentissage, enchaîne le ministre grec en substance.
« L'identité et l'histoire forgent notre politique étrangère », a-t-il dit, préconisant de porter un regard plutôt dynamique et non passif envers l'histoire puisqu'elle « va nous permettre de nous recréer ».

Examinant à la loupe les rouages et facteurs qui contribuent à la détermination de la politique étrangère – un mélange, dit-il, entre perception individuelle, collective, expérience historique et intérêts nationaux et géostratégiques –, M. Kotzias cite pour exemple les sociétés pluricommunautaires qui peuvent être plus particulièrement sensibles à la protection de la diversité culturelle. Selon lui, les pays qui ont une histoire de persécution et une diaspora répartie aux quatre coins du monde, « à l'instar du Liban », sont à même de mieux comprendre la crise des réfugiés et les politiques d'immigration. Le ministre cite également l'expérience de la France et de l'Allemagne qui, dit-il, « perçoivent l'intégration européenne à travers leur expérience historique. Celle-ci leur a permis, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de s'imposer comme la locomotive de l'Union européenne ».

M. Bassil évoque pour sa part le legs des accords Sykes-Picot qui, par-delà « leurs aspects positifs ou négatifs », ont imposé un modèle d'État-nation fondé sur « des identités séculaires et bien ancrées ». Le ministre exprime toutefois ses craintes de voir « ces structures et réalités modifiées » par l'irruption de la violence, du radicalisme et du terrorisme. Également à craindre, « une reconfiguration et une partition de la région modelées sur les intérêts des grandes puissances ». « Une sorte de Sykes-Picot 2 » qui menacerait les identités et conduirait à une refonte des frontières avec tout ce que cela signifie en termes « de déplacement forcé de population, de massacres, de destruction et de gommage du passé aussi bien que de l'avenir ».

Le ministre libanais critique « la réticence des principaux intervenants en Syrie à mettre fin à la guerre sanglante et à trouver une solution à la crise des réfugiés », soulignant qu'elle rappelle « une doctrine-choc, celle qui consiste à terroriser les populations, à les mettre sous pression pendant de nombreuses années, de sorte à les placer dans une torpeur permanente et à les priver de tant de droits qu'elles finissent par accepter toute solution qui leur est imposée ».

Face aux nouveaux défis auxquels est actuellement confronté le Proche-Orient, aux prises avec de multiples turbulences et facteurs de déstabilisation, les États du pourtour méditerranéen notamment sont aujourd'hui appelés à repenser ensemble la manière de définir leur politique étrangère. Il s'agit désormais d'être « créatif », en incorporant à la réflexion les éléments identitaires et historiques, pour mieux se projeter dans l'avenir.C'est, brièvement, la synthèse qui ressort d'une conférence organisée hier à l'Université Saint-Esprit de Kaslik sur le thème « Le rôle de l'identité et de l'histoire dans la définition de la politique étrangère ».Animée par les ministres des Affaires étrangères libanais, Gebran Bassil, grec, Nikos Kotzias, et chypriote, Ioannis Kasoulidès, la conférence...
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