Ivan Jablonka. PATRICK KOVARIK /AFP
Le prix Médicis a été attribué hier à Ivan Jablonka pour Lætitia ou la fin des hommes (Seuil), portrait sensible de Laëtitia Perrais, jeune femme de 18 ans, violée et assassinée en 2011 près de Pornic (Loire-Atlantique/ France).
« J'ai une pensée pour Lætitia, pour sa sœur Jessica et pour tous leurs proches », a commenté l'écrivain en saluant un « extraordinaire honneur ».
Ce récit, salué par la critique, avait déjà remporté le prix littéraire du journal Le Monde et avait été sélectionné par le Goncourt et le Renaudot. Il est un mystérieux objet littéraire, ni roman, ni essai, ni journalisme d'investigation, mais un peu de tout cela à la fois. Ivan Jablonka était en compétition avec six autres auteurs. Il a obtenu 5 voix contre 3 à Nathacha Appanah (Tropique de la violence, Gallimard), rapporte l'AFP.
Ce portrait d'une vie fracassée dresse également une radiographie sans complaisance de la France du début du XXIe siècle. En sociologue, Ivan Jablonka, 43 ans, s'interroge sur « l'énorme misère que notre société produit ». Le fait divers est traité comme un objet d'histoire. Il est question des inégalités qui divisent les individus dès l'enfance, du rôle des médias, du manque de moyens alloués à la justice, de politique aussi quand elle cherche, comme ce fut le cas au moment du drame, à instrumentaliser une tragédie à des fins partisanes.
L'auteur a interrogé les témoins de la tragédie, notamment Jessica, la sœur jumelle de Lætitia, il a rencontré les acteurs de l'enquête et assisté au procès en appel du meurtrier en 2015.
Le prix Médicis du roman étranger a été attribué à Steve Sem-Sandberg pour Les élus (Robert Laffont), et celui de l'essai à Jacques Henric pour Boxe (Seuil).

