La famille du défunt, dévastée par sa perte.
Le Liban a fait ses adieux hier à l'un des derniers monuments de la chanson libanaise, Melhem Barakat, décédé vendredi à 71 ans des suites d'une longue maladie.
L'absoute a été prononcée en l'église Saint-Nicolas à Achrafieh par le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, en présence du représentant du président de la Chambre Nabih Berry et du Premier ministre Tammam Salam, le ministre de la Culture Raymond Arayji, du député Atef Majdalani, représentant le chef du courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri, du député Nagy Gharios, représentant le chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, le député Michel Aoun, du ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, des représentants des ministres Nouhad Machnouk, Waël Bou Faour et Gebran Bassil, des députés Hikmat Dib, Émile Rahmé et Talal Arslane, et de l'ancien ministre Joe Sarkis représentant le président des Forces libanaises, Samir Geagea.
Prenant la parole devant la famille du défunt – sa femme Randa Azar, ses fils Majd, Waad et Melhem Jr, sa fille Ghinwa et son ex-épouse, May Hariri – Mgr Audi a dressé un portrait magnifique du « Musikar ». « C'est une branche supplémentaire de l'arbre national qui tombe, une grande stature de l'art qui s'en va, un artiste batailleur, qui s'est illustré par son talent musical, sa voix douce, ses mélodies mélancoliques. Il nous a quittés alors que le pays bouillonne et que les citoyens se lamentent », a-t-il affirmé. « Melhem Barakat n'avait pas besoin de titres. Son nom est synonyme d'art et de génie. Sa musique a semé la joie et ses mélodies la gaieté dans les cœurs de tous. N'est-ce pas là la caractéristique de l'art ? » a-t-il noté.
Mgr Audi a ensuite évoqué ce qu'il a appelé « la belle époque du Liban », durant laquelle le disparu a « côtoyé les géants locaux et régionaux de l'art ». « Il a aimé la musique dès son plus jeune âge et a appris auprès de grands comme Zaki Nassif, Toufic Bacha et Philémon Wehbé. Il a travaillé avec les Rahbani, Roméo Lahoud, et a chanté Feyrouz, Sabah, Salwa et autres (...). Il a énormément aimé le Liban pour lequel il a chanté. Il est resté fidèle à son pays et sa langue, au moment où beaucoup ont déserté le pays et la langue », a-t-il indiqué. « Il a vécu une belle partie de sa vie au temps des grands, mais il s'en va en des temps de décadence totale. Sans doute a-t-il voulu fuir vers un monde meilleur, un monde de droit, de liberté et de beauté (...) », a-t-il conclu.
Une élégie au défunt a ensuite été récitée par le poète Nizar Francis.
Le troubadour a ensuite fait son dernier voyage – parsemé de chansons, de portraits et de banderoles lui rendant un ultime hommage – vers son village natal de Kfarchima, où il a été inhumé dans le caveau familial en l'église Saints-Pierre-et-Paul.
Plusieurs hommages ont été rendus à Melhem Barakat durant le week-end, parmi lesquels ceux de la chanteuse Magida el-Roumi, du chef du Rassemblement démocratique, Walid Joumblatt, et de l'ancien ministre Fayçal Karamé.
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j'ai pleuré hier le depart de Melhem et je pleure aujourd'hui l'arrivee de michel
08 h 58, le 31 octobre 2016