L'Espagne était sous pression de ses alliés mercredi pour refuser à un groupe aéronaval russe en route vers la Syrie la possibilité de se ravitailler dans son port de Ceuta qu'elle lui avait accordée.
"Les dernières escales demandées sont en cours de révision en fonction des informations que nous recevons de nos alliés et des autorités russes", a fait savoir le ministère espagnol des Affaires étrangères, dans un courrier électronique.
Cette déclaration confirme implicitement les informations selon lesquelles certains navires de ce groupe devaient se ravitailler à Ceuta, une enclave espagnole en territoire marocain qui fait face à Gibraltar.
Le ministère ajoute que des bâtiments russes font escale depuis des années dans les ports espagnols et que chaque escale est autorisée au cas par cas, en tenant compte en premier lieu de la sécurité de l'environnement et de la ville et la population concernées.
La Russie avait annoncé à la mi-octobre que son porte-avions Amiral Kouznetsov et son escorte se dirigeaient vers la Syrie, avec des avions et des hélicoptères de combat, pour renforcer la présence militaire russe dans cette zone.
Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a réaffirmé mercredi que la possible utilisation du porte-avions russe pour augmenter les frappes sur Alep suscitait "l'inquiétude" de l'Alliance atlantique, et que celle-ci était "partagée par tous ses membres".
Mais il n'a pas critiqué ouvertement la possibilité d'un ravitaillement de la flottille russe dans un port espagnol.
"C'est à chaque allié de décider (...) s'il fournit un ravitaillement à des navires russes", a assuré le chef de l'Otan en arrivant à une réunion des ministres de la Défense des 28 pays de l'Alliance à Bruxelles.
"Mais cette fois j'ai transmis un message très clair que nous sommes inquiets sur l'usage potentiel de cette flottille pour augmenter les attaques sur Alep (...) Tous les membres de l'Alliance sont conscients de nos inquiétudes", a-t-il expliqué.
A Londres, "le gouvernement de Sa Majesté a exprimé précédemment son inquiétude au gouvernement espagnol quant à l'hospitalité qu'il accorde à la marine russe", a déclaré mardi soir un porte-parole britannique. Il a cependant rappelé que c'était à Madrid de décider à qui il donne l'accès à ses ports.
Pour le président du groupe libéral au parlement européen, Guy Verhofstadt, réagissant sur Twitter, "il est scandaleux que l'Espagne, membre de l'Otan et de l'UE, permette à la flottille russe Kouznetsov de refaire le plein et recevoir une assistance technique sur son territoire". Il a rappelé que le gouvernement espagnol avait cosigné ce mois-ci des conclusions des 28 membres de l'UE accusant la Russie de "crimes de guerre" en Syrie.
L'Espagne, membre de l'Otan, permet aux navires de guerre russes des escales à Ceuta.
Le think-tank conservateur américain Heritage Foundation avait recensé à fin août 2015 les visites de 57 bâtiments russes dans le port espagnol.
Il dénonçait alors le fait que ces escales se soient poursuivies après l'annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014 et relevait que la Grèce, autre membre de l'Otan, et Malte, membre de l'Union européenne mais pas de l'Alliance atlantique, ouvraient aussi leurs ports à la marine russe.
Le groupe aéronaval russe est suivi par des bâtiments espagnols lors de son passage de l'Atlantique à la Méditerranée, a fait savoir l'état-major de la Marine espagnole sur sa page internet.
Cette déclaration confirme implicitement les informations selon lesquelles certains navires de ce groupe devaient se ravitailler à Ceuta, une enclave espagnole en territoire marocain qui fait face à Gibraltar.Le ministère ajoute que des bâtiments russes font escale depuis des années dans les ports espagnols et que chaque escale est autorisée au cas par cas, en tenant compte en premier...


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