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Moins de combattants de l'ex-Front al-Nosra à Alep qu'annoncé

Reuters
14/10/2016

Le nombre de combattants jihadistes du Front Fateh el-Cham (ex-Front al-Nosra) dans les quartiers d'Alep contrôlés par les rebelles est sans doute moins élevé que l'estimation fournie par les Nations unies, dit-on dans les milieux diplomatiques.

Le Front Fateh al Cham (JFS) n'est pas inclus dans l'accord de cessez-le-feu qui avait été conclu le mois dernier entre la Russie et les Etats-Unis en raison de ses liens passés avec el-Qaëda et demeure de ce fait une cible légitime des bombardements aériens.

L'ex-Front al-Nosra est historiquement peu présent dans les quartiers est d'Alep où sont surtout implantés des groupes rebelles modérés liés à l'Armée syrienne libre (ASL). Mais des combattants islamistes s'y sont infiltrés à la faveur de la contre-offensive qui leur avait brièvement permis de briser le siège de la ville en août.

L'émissaire de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, a évalué la semaine dernière leur nombre à 900 au maximum, sur les quelque 8.000 insurgés qui défendraient les quartiers orientaux d'Alep, tout en appelant Moscou et Damas à ne plus utiliser cet "alibi facile" pour détruire la ville.

A la veille d'une nouvelle réunion "de la dernière chance" à Lausanne, à laquelle participeront les ministres des Affaires étrangères russe et américain, plusieurs diplomates confient que l'estimation des Nations unies est trop élevée.

Selon ces sources, il y aurait entre 100 et 200 combattants du JFS à Alep. D'après un diplomate occidental, leur présence pourrait même être purement "symbolique".

"Les Russes disent qu'ils veulent parler du plan De Mistura qui est de faire sortir les combattants (islamistes) d'Alep. On est un peu dubitatifs. De Mistura a parlé de 900 combattants Fateh el-Cham, nos estimations sont plus basses", dit-on de source diplomatique française.

La question sera au coeur de la réunion de samedi à Lausanne à laquelle participeront, outre les Russes et les Américains, les Européens et les principaux alliés régionaux des rebelles, comme la Turquie et l'Arabie saoudite, mais aussi l'Iran, qui soutient de son côté le président syrien, Bachar el-Assad.

"Le problème, c'est l'interprétation du plan de Mistura par les Russes. Et ce que vont en dire les Arabes", résume le diplomate français.

Déterminé à mettre fin aux raids aériens qui infligent de terribles souffrances à la population civile, et à permettre la livraison d'aide humanitaire, Staffan de Mistura a proposé de se rendre en personne à Alep pour escorter les djihadistes hors de la ville.

Mais de source diplomatique occidentale, on souligne qu'un tel plan n'a de sens que si le nombre de combattants du JFS est correctement évalué. Dans le cas contraire, dit-on, les rebelles modérés se retrouveraient dans la situation absurde de devoir choisir dans leurs propres rangs des combattants à évacuer.

Staffan de Mistura a déjà revu à la baisse sa propre estimation du nombre de djihadistes à Alep. Il avait déclaré le 25 septembre devant le Conseil de sécurité que la moitié des insurgés d'Alep étaient liés au JFS. La semaine dernière, il a jugé que le chiffre de 900 était "relativement fiable".

Les services du diplomate italo-suédois n'ont pas voulu dire comment ce chiffre avait été calculé, renvoyant aux propos qu'il a tenus la semaine dernière devant le Conseil de sécurité réuni à huis clos.

"Si les combattants d'al-Nosra sont 900, 900 devront partir. S'ils sont moins, ils seront moins à partir (...) L'important, c'est que tous les combattants d'al-Nosra quittent la ville et que les autres puissent rester s'ils le souhaitent."

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