Le casting de « Game of Thrones ». La saga a décroché 12 Emmys cette année. Frederic J. Brown/AFP
Game of Thrones et Veep ont été sacrées meilleures séries aux Emmy Awards, dimanche dans la nuit, et se sont fait une place dans l'histoire de ces prix de la télévision, lors d'une cérémonie où le candidat républicain à la Maison-Blanche, Donald Trump, a été la cible d'innombrables attaques.
La saga médiévo-fantastique de HBO a décroché 12 Emmys cette année : trois prix dimanche et neuf dans les catégories techniques le week-end précédent. Ses acteurs sont toutefois repartis bredouille. Caractérisée par un monde imaginaire aux mœurs féodales, la série inspirée des romans de George R. R. Martin est devenue en six saisons le programme de fiction le plus décoré des Emmys, avec au total 38 prix, battant le sitcom
Frasier.
La satire politique Veep, sacrée meilleure série comique comme l'an dernier, s'est aussi fait une place au Panthéon des Emmys grâce à son interprète Julia Louis-Dreyfus. Elle a gagné pour la cinquième fois d'affilée le prix de la meilleure actrice comique grâce au rôle de la vice-présidente incompétente Selina Meyers. C'est sa sixième statuette au total pour ce prix, un record depuis la naissance des Emmys. Au total, l'actrice de 55 ans en a gagné neuf dans sa carrière. «Veep a abattu la frontière entre comédie et politique. Ce qui a débuté comme une satire ressemble maintenant à un documentaire. Alors je promets de reconstruire ce mur et de faire payer le Mexique», a déclaré cette supportrice de Hillary Clinton – candidate démocrate à la Maison-Blanche –, en faisant allusion à une promesse de Donald Trump.
La présidentielle en toile de fond
À moins de deux mois de la présidentielle américaine, le ton de la soirée était marqué de références à une campagne particulièrement acrimonieuse.
Dans la séquence d'ouverture, l'animateur Jimmy Kimmel est monté dans la limousine conduite par... Jeb Bush, candidat républicain malheureux, qui a lancé « si on mène une campagne positive, les électeurs finissent pas faire le bon choix », avant d'ajouter : « C'était une blague Jimmy. » Le présentateur a aussi déclaré : « Si ce n'était pour la télévision, est-ce que Donald Trump serait candidat à la présidentielle aujourd'hui? Non.» Référence au passé de vedette de l'émission The Apprentice de Donald Trump, Kimmel a ajouté: «Nous n'avons plus besoin de regarder la téléréalité, nous la vivons. »
Jill Soloway, créatrice de Transparent et de nouveau primée, s'en est pris bien plus violemment au candidat qu'elle a qualifié de « l'un des plus dangereux monstres de notre époque, un héritier de Hitler ». Quant à Mark Burnett, producteur de The Apprentice et épinglé par Kimmel pour avoir popularisé M. Trump, il a répliqué, critiquant les médias qui parlent en boucle du magnat de l'immobilier : « Combien de temps gratuit peut-on donner à une personne ? »
Autre grande gagnante de la soirée, la mini-série The People vs O.J. Simpson, sur la bataille entre les avocats de l'ex-vedette du football américain, accusé de double homicide, et la procureure Marcia Clark, a remporté cinq prix. Sarah Paulson a été récompensée pour son interprétation de Marcia Clark, jugée largement responsable de ce qui a été considéré par beaucoup comme un échec : l'acquittement de O.J. Simpson à l'issue du « procès du siècle » en 1995.
« Je suis désolée », a dit Paulson à son modèle, louant l'intelligence et la résilience de celle qui voulait rendre justice à « deux victimes innocentes, Nicole Brown Simpson et Ron Goldman ». L'actrice a estimé que « O.J. était vraiment un homme adoré, et vu le climat dans cette ville (après l'affaire Rodney King et les émeutes qui ont suivi à Los Angeles), je pense qu'il n'y avait pas d'autre issue pour ce procès ».
O.J. Simpson fascine toujours
Les producteurs de la mini-série ont quant à eux estimé que l'affaire Simpson, qui a divisé l'Amérique, continue à fasciner, car « elle touche à tout ce qui obsède l'Amérique : les races, le genre, la justice... ». Kimmel a lancé à propos de Simpson, qui fut finalement placé derrière les barreaux pour une affaire de cambriolage : « Je me demande s'il est en train de se faire une soirée télé avec les potes. »
Chez les acteurs, Rami Malek, qui interprète un hacker dans Mr. Robot, a été sacré meilleur acteur dramatique. Côté comédie, les deux prix masculins sont revenus à deux acteurs interprétant des femmes... Jeffrey Tambor (Transparent) et Louie Anderson (Baskets). C'est Tatianna Maslany qui a été sacrée meilleure actrice pour Orphan Black.
(Source : AFP)

