Aaron « Wheelz » Fotheringham, un athlète américain en chaise roulante, se lance sur une rampe-tremplin de 17 mètres au milieu d’un grand zéro illuminé lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Rio. Bob Martin for OIS/IOC/AFP
Rio de Janeiro a lancé ses Jeux paralympiques en samba, entre danseurs en fauteuils roulants, ballons géants et protestations politiques, dans son mythique stade Maracana, en l'absence remarquée du patron du CIO, Thomas Bach.
La cérémonie a débuté par le saut acrobatique vertigineux de l'athlète américain, Aaron « Wheelz » Fotheringham, qui s'est élancé en fauteuil roulant d'une rampe-tremplin de 17 mètres, à la façon d'un sauteur en ski, sous les hourras du public.
Emmenés par le nageur syrien Ibrahim el-Hussein, membre de la première équipe de réfugiés paralympique, 4 342 athlètes de 159 nations ont ensuite entamé une grande parade au son de la musique brésilienne.
Mais l'ambiance est loin de n'être qu'à la fête au Brésil, en proie à une crise économique et politique aiguë.
Le nouveau président brésilien Michel Temer a été hué au cri de « Fora Temer ! » (« Dehors Temer ») par plusieurs milliers de spectateurs quand il est apparu sur l'écran géant du stade. M. Temer, qui devait déclarer ces Jeux paralympiques ouverts plus tard dans la soirée, a remplacé la semaine dernière la présidente de gauche Dilma Rousseff destituée par le Sénat dans le cadre d'une procédure controversée.
Ancien vice-président de Mme Rousseff devenu son rival, il avait déjà été copieusement hué à la cérémonie d'ouverture des JO de Rio, le 5 août dernier.
Autre source de malaise, l'absence du président du CIO Thomas Bach, retenu en Allemagne pour les obsèques de l'ancien président allemand, Walter Scheel.
C'est la première fois depuis 1984 qu'un président du CIO ne participe pas à la cérémonie d'ouverture des Paralympiques.
Selon la presse brésilienne, la justice brésilienne voudrait l'entendre dans le cadre de la procédure engagée contre l'Irlandais Patrick Hickey, arrêté le 17 août à Rio et accusé d'avoir participé à un réseau de revente illégale de billets des JO.
Oublier le handicap
Pour les Paralympiques, Londres avait placé la barre très haut en 2012 en organisant des Jeux à guichets fermés et dans la ferveur populaire.
Les difficultés s'accumulent en revanche à Rio, où les stades pendant les JO ont accueilli un public local débordant d'enthousiasme pour les athlètes brésiliens, mais souvent clairsemé pour le reste des compétitions.
Financières d'abord, car les JO ont été très coûteux et les faibles ventes de billets et le manque de sponsors pour les Paralympiques ont achevé de plomber les comptes du comité organisateur Rio 2016.
Éthiques ensuite, depuis l'exclusion pour dopage de la Russie, deuxième au tableau des nations en 2012. Pour rendre hommage à ses athlètes paralympiques, le pays organise jusqu'à vendredi ses propres Jeux
Cécifoot, athlétisme, rugby-fauteuil, natation, escrime, volley-ball assis, équitation : vingt-deux sports sont au programme de cette nouvelle édition, soit deux de plus qu'en 2012, le canoë-kayak et le triathlon.
Tous les sportifs, qui attendent depuis quatre ans de voir le Corcovado et d'avoir les médias du monde entier tournés vers eux, sont prêts. Leur objectif ? Oublier et faire oublier leur handicap en réalisant les meilleures performances.
L'IPC espère atteindre l'objectif de quatre milliards de téléspectateurs dans plus de 154 pays, un record. À Londres, 115 pays avaient suivi l'événement.
(Source : AFP)

