L’attaquant allemand Thomas Müller, que l’on disait porté disparu, a signé un retour tonitruant : il a idéalement lancé la Mannschaft dans les qualifications du Mondial 2018. Contre la Norvège, Müller – à gauche tombé à terre – a marqué un doublé (score final 3-0). Jon Olav Nesvold/NTB/Scanpix/Reuters
Thomas Müller est de retour : l'attaquant allemand a idéalement lancé la Mannschaft dans les qualifications du Mondial 2018, avec un succès (3-0) en Norvège, alors que l'Angleterre a obtenu in extremis une victoire étriquée en Slovaquie (1-0), pour les débuts du sélectionneur Sam Allardyce.
On disait Müller porté disparu avec un Euro complètement transparent, sans but ni coup d'éclat pour l'inévitable attaquant du Bayern, incapable d'éviter une élimination en demi-finale face à la France. Il a signé un retour tonitruant avec un doublé (15e et 60e minutes de jeu) et une superbe passe décisive pour Kimmich. À quelques jours de ses 27 ans, Müller a donc remis les pendules à l'heure ; c'est bien lui qui sera le principal atout de l'équipe allemande sur la route du Mondial en Russie. D'autant que les autres adversaires du groupe C semblent à sa portée : l'Azerbaïdjan, qui a gagné à Saint-Marin (1-0), ou l'Irlande du Nord et la République tchèque, qui n'ont pas réussi à se départager (0-0).
L'Angleterre, elle aussi, voulait repartir de l'avant en Slovaquie après l'humiliation de l'Euro et une élimination surprise face à la modeste sélection islandaise en huitièmes de finale. Avec aux commandes le nouveau sélectionneur Sam Allardyce, prié de succéder à Roy Hodgson pour tourner la page de cette compétition ratée. Résultat, la patte de « Big Sam » n'est pas encore là, avec toujours les mêmes problèmes : une défense fébrile et un Harry Kane trop seul devant. C'est donc Adam Lallana qui a endossé le costume de sauveur face aux Slovaques, qui avaient déjà posé des problèmes aux Three Lions à l'Euro (0-0 en match de poule). Son but (à la 90e+5) offre une précieuse mais difficile victoire, qui semblait pourtant promise aux Anglais après l'exclusion du capitaine slovaque Martin Skrtel (57e minute). Au moins le résultat est là pour l'emblématique capitaine Wayne Rooney, qui a fêté sa 116e sélection, devenant le joueur de champ le plus capé de la sélection anglaise.
« C'était stressant sur la fin parce que, avec 10 joueurs en face, on était obligés de gagner, a expliqué Allardyce à l'issue du match. Nous avons eu ce que nous méritions avec cette victoire à la dernière minute. On a dominé et c'était important de s'imposer. » Mais c'est l'Écosse qui a pris la tête de ce groupe F avec un festival (5-1) à Malte, alors que la Lituanie et la Slovénie ne sont pas parvenues à se départager (2-2).
Dans le groupe E, le Danemark a fait le nécessaire à la maison en battant l'Arménie (1-0), contrairement à la Roumanie, qui a vu revenir le Monténégro en fin de match (1-1). La surprise est surtout du côté du Kazakhstan, où les Polonais, qui menaient 2-0 et restaient sur un bel Euro (quarts de finale), n'ont pas réussi à échapper au match nul (2-2).
Gibraltar dans un autre monde
Aujourd'hui, le lilliputien de la planète foot, Gibraltar, va disputer son premier match de qualification à un Mondial, contre la Grèce, tandis que les finalistes de l'Euro, France et Portugal, retrouvent la compétition au Belarus et en Suisse.
Faro, sa météo de rêve, ses plages de carte postale, son stade de l'Algarve et une page d'histoire : c'est dans cette partie sud du Portugal, très touristique, que Gibraltar va concourir pour la première fois sur la voie d'une Coupe du monde. Faute de stade aux normes sur le Rocher, c'est ici que la sélection de ce confetti britannique de 6 km2 et 30 000 habitants va affronter « à domicile », avec ses amateurs ou semi-professionnels, la Grèce, championne d'Europe en 2004. L'équipe au maillot fuchsia va-t-elle repartir de Faro avec une « valise » ? En qualifications à l'Euro, elle avait pris 56 buts – contre deux inscrits – en 10 rencontres pour 10 défaites. La rentrée n'a pas été rassurante avec une claque (5-0) infligée en amical par un Portugal privé de Cristiano Ronaldo. Le groupe H s'annonce sans pitié avec deux mastodontes, la Belgique d'Eden Hazard, coentraînée par Thierry Henry, et la Bosnie de Miralem Pjanic, aux côtés de l'Estonie, Chypre et la Grèce donc.
Depuis « sa » finale de l'Euro perdue contre le Portugal (1-0), le 10 juillet, ça fait beaucoup de choses à digérer pour l'équipe de France. Après deux ans de matchs amicaux qui avaient précédé le tournoi, les Bleus doivent se réhabituer aux éliminatoires. Et les Français doivent gérer des statuts qui ont changé collectivement et individuellement : Antoine Griezmann a terminé meilleur buteur et a été élu meilleur joueur de l'Euro ; Paul Pogba est tout simplement devenu le joueur le plus cher du monde en passant de la Juventus à Manchester United. Le déplacement au Belarus a tout du piège en cas d'excès de confiance. En étant sérieux, le groupe A est à la portée des Bleus, avec la Suède qui pleure le départ à la retraite internationale de son soleil Zlatan Ibrahimovic, des Pays-Bas, qui ont réussi l'exploit de ne pas se qualifier pour un Euro à 24, ou encore les modestes Bulgarie (77e nation mondiale) et Luxembourg (145e).
Le Portugal, champion d'Europe, commence par la Suisse, à Bâle. Et donc sans Cristiano Ronaldo, toujours ménagé après sa blessure à un genou en finale de l'Euro. La Nati, éliminée en 8es de finale de l'Euro, saura-t-elle profiter de l'euphorie de la Seleçao ? La tête du groupe B se jouera sans doute entre ces deux nations, loin devant les autres : Andorre, Lettonie, îles Féroé et Hongrie.
(Source : AFP)
Couac chez les Diables rouges : le huis clos était... ouvert
L'entraînement de la sélection de Belgique, dimanche à Bruxelles, qui devait se dérouler à huis clos s'est pourtant tenu devant les journalistes sans que le sélectionneur Roberto Martinez ne s'en rende compte, a rapporté hier la presse belge. Le nouvel entraîneur espagnol des Diables rouges avait demandé un huis clos afin de mettre en place sa tactique à l'écart des regards indiscrets à l'avant-veille d'un déplacement à Chypre en qualification pour le Mondial 2018. Mais la communication est mal passée avec le service de presse de la fédération, qui a ouvert la porte à la presse. Avant de se rendre compte de sa bévue et d'envoyer un mail aux journalistes pour leur demander « de garder pour (eux) les informations tactiques de cette session d'entraînement et de ne pas les rendre publiques ». Trop tard, les médias avaient déjà publié le onze de base qui débutera à Chypre ainsi que quelques informations tactiques intéressantes. Ce qui n'a pas dû être du goût de Martinez et des joueurs, très critiqués par la presse belge après la défaite (0-2) face à l'Espagne, jeudi dernier, en match amical.


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