Mario Balotelli atterrira-t-il en France ? Les dernières heures du mercato s'annonçaient brûlantes, suspendues au sort de l'enfant terrible du football italien, qui clôturerait en beauté un marché dominé par la puissance financière de l'Angleterre et marqué par l'achat record de Paul Pogba par Manchester United.
Nantie d'un contrat faramineux en droits TV (2,3 milliards d'euros par saison), la Premier League a une nouvelle fois cassé sa tirelire et devrait dépasser cet été le milliard de livres dépensées (1,2 milliard d'euros), pour la première fois de son histoire. Avec comme joueur-phare le vice-champion d'Europe français acheté par les Red Devils à la Juventus Turin pour 105 millions d'euros. Mais la « Pioche » pourrait bien se voir éclipser par « Super Mario » sur le terrain médiatique. Depuis plusieurs jours, on ne parle que du fantasque attaquant transalpin qui pourrait poursuivre son Tour d'Europe et se trouver un nouveau point de chute sur la Riviera française, à Nice, pour relancer sa carrière chaotique.
Indésirable à Liverpool après deux ans de perdition, le joueur de 26 ans a plus fait parler de lui par ses frasques que par ses exploits balle au pied. Mais l'OGC Nice serait prêt à essayer ce pari fou. Selon le quotidien sportif L'Équipe, Balotelli devait passer une visite médicale à Nice hier, mais cette procédure ne présagerait pas forcément une issue favorable à ce dossier complexe, les dirigeants de Nice et de Liverpool n'étant pas encore tombés d'accord. Un prêt, comme depuis un an au Milan AC, ou un transfert définitif ?
Zlatan ne coûte rien
Si les deux parties finissaient par s'entendre, Nice, au budget modeste de 42 millions d'euros, s'offrirait une exposition à nulle autre pareille avec la venue de Balotelli. Ce dernier ne fait décidément rien comme tout le monde : il s'apprête à quitter la Premier League, alors même qu'elle reste la destination la plus prisée en Europe avec ses livres sterling sonnantes et trébuchantes.
Paradoxalement, celui qui est sans doute appelé à devenir l'une de ses plus grosses stars a rejoint le championnat anglais cet été pour zéro euro : le Suédois Zlatan Ibrahimovic, en fin de contrat au PSG, est désormais un joueur de Manchester United. Avec quatre buts en autant de matches, il débute comme un jeune premier malgré ses 35 ans. Entre Ibra, Pogba, Henrik Mkhitaryan et le Special One José Mourinho sur le banc, Manchester United entend bien retrouver son lustre d'antan.
Mourinho a rejoint la Premier League, comme son meilleur ennemi Pep Guardiola, qui a quitté le Bayern Munich après trois échecs en demi-finales de la Ligue des champions, et Antonio Conte (Chelsea), ex-sélectionneur de l'Italie. Ils complètent ainsi une liste prestigieuse de techniciens déjà en place outre-Manche avec Jürgen Klopp (Liverpool), Claudio Ranieri (Leicester) et Arsène Wenger (Arsenal). Outre Guardiola, Manchester City a frappé fort avec Gündogan, Gabriel Jesus, Nolito, Sané et Stones, estampillé « défenseur le plus cher de l'histoire » (56,50 millions d'euros).
Les Blues de Chelsea n'ont pas été en reste, privant le champion d'Angleterre, Leicester, de son métronome dans l'entre-jeu (N'Golo Kanté) et déboursant 40 millions d'euros pour l'attaquant belge de Marseille Michy Batshuayi.
Nasri en Espagne
En Espagne, en revanche, pas de folies de la part des mastodontes Barça et Real : les Catalans ont acquis deux grands espoirs défensifs de l'équipe de France (Umtiti, Digne) et Paco Alcacer pour épauler la MSN (Messi-Suarez-Neymar). Les Madrilènes ont simplement racheté Alvaro Morata à la Juventus Turin pour la somme de 30 millions d'euros. Bien loin des dépenses somptuaires des saisons précédentes avec les achats de Cristiano Ronaldo, Gareth Bale ou encore James Rodriguez. Mais le président Florentino Perez a justifié, hier, cette timidité en estimant son équipe « impossible à améliorer ».
Ce n'est pas le cas de la réputation du Français Samir Nasri, bien au contraire : il traîne comme un boulet son image de dilettante et de joueur ombrageux. Après huit saisons en Angleterre, il arrive en Espagne et au Séville FC pour se refaire une virginité.
En Italie, il y a la Juve et les autres. Les quintuples tenants de la Serie A ont utilisé le prix du transfert de Pogba pour frapper fort avec Gonzalo Higuain (90 millions d'euros), qui a suivi les arrivées en début de mercato de Daniel Alves (fin de contrat) et Miralem Pjanic. Et la Bundesliga risque également d'être encore sous la coupe du Bayern, désormais dirigé par Carlo Ancelotti et renforcé par la révélation de l'Euro 2016, Renato Sanches, et le défenseur champion du monde Mats Hummels. Ce qui promet un beau duel avec le Borussia Dortmund, qui a joué la carte jeunes : Dembélé, Götze, Schurrle, Bartra, Emre Mor et Guerreiro.
(Source : AFP)
Pogba, Zlatan, Dani Alves et les autres : le onze type du mercato
Pogba, le plus cher, Dani Alves, la meilleure affaire, et Mourinho sur le banc pour retrouver le succès : voici le onze type du mercato en Europe, établi au dernier jour du marché des transferts.
Entraîneurs
José Mourinho, Guardiola, Conte, Ancelotti, Emery... La liste est longue des manageurs aux CV fournis à avoir changé de club à l'intersaison. Mais la venue du Special One à Old Trafford, lui l'ancien homme fort des Blues de Chelsea, suscite à elle seule interrogations et attentes les plus folles. Ses méthodes, son management, sa personnalité ont longtemps été adoubés par le dernier grand coach à succès des Red Devils, sir Alex Ferguson. Après ses demi-échecs au Real Madrid puis Chelsea (pour son 2e passage), Mourinho se retrouve au pied du mur : réussir ou perdre définitivement son aura de magicien.
Gardiens
Joe Hart (Torino), l'emblématique gardien de Manchester City et de l'Angleterre, passait un été tranquille sous les ordres de son nouveau coach, Pep Guardiola, quand, à une semaine de la fin du mercato, il a compris qu'il allait devoir changer d'air. « Je sais que c'est une légende pour le club (...). Mais je suis là pour prendre des décisions », a lâché Guardiola le 25 août. Le Chilien Claudio Bravo a, depuis, rejoint le nord de l'Angleterre et Hart a dû filer à l'anglaise, en prêt au Torino. Une immense dégringolade.
Défenseurs
– Mats Hummels : pour 38 millions d'euros, le Bayern Munich s'est offert le pilier de la défense de la Mannschaft et de son principal adversaire en Bundesliga, le Borussia Dortmund. À un an de la fin de son contrat, et à 27 ans, Hummels a donc choisi de retrouver son club formateur pour passer un cap. Déjà double champion d'Allemagne, l'élégant central vise désormais la Ligue des champions.
– Samuel Umtiti : à 22 ans, il symbolise l'attrait des grands clubs pour les jeunes talents français, particulièrement attractifs en cet été de mercato. Le nouveau défenseur central du FC Barcelone, recruté pour 25 millions d'euros, a marqué les esprits en passant du statut de repêché de dernière minute à celui de titulaire au sein de l'équipe de France finaliste de l'Euro. Ses qualités de relance et son pied gauche ont convaincu les Catalans de miser sur lui, dès à présent, pour rajeunir une arrière-garde vieillissante.
– Daniel Alves : le Brésilien de 33 ans est peut-être le plus joli coup de l'été, réalisé par la Juventus. En fin de contrat à Barcelone, le latéral offensif aux jambes encore jeunes, déboule en Italie gratuitement, pour le dernier gros challenge de sa carrière.
– Raphaël Guerreiro : champion d'Europe avec le Portugal, intransigeant et offensif sur son côté gauche, le latéral de 22 ans a choisi Dortmund pour continuer sa progression après trois saisons pleines à Lorient. Le Franco-Portugais a rejoint l'Allemagne contre 12 millions d'euros et 20 % des éventuelles plus-values sur sa prochaine revente. Une possible belle affaire pour tous.
Milieux
– Paul Pogba : la crête la plus célèbre du football mondial coiffe désormais le joueur le plus cher de l'histoire. 105 millions d'euros, plus 5 de bonus, c'est la fortune déboursée par Manchester United pour s'offrir le Français, finaliste du dernier Euro. Une somme d'autant plus folle que Pogba avait quitté United en catimini, il y a quatre ans, pour zéro euro... Le joueur, qui clame son désir d'être un jour Ballon d'or, est attendu au tournant.
– Mario Götze : l'ex-enfant prodige du foot allemand revient dans son club formateur, le Borussia Dortmund, avec pas mal de questions en suspens. Peut-il retrouver la confiance et le niveau qui lui ont permis d'être l'unique buteur de la finale du Mondial 2014 ? Après trois années fantomatiques au Bayern Munich, le meneur de poche de 24 ans ne revient pas en terrain conquis. Son départ au Bayern il y a trois ans avait été pris comme une trahison par les supporteurs. Il devra être fort pour les reconquérir.
– N'Golo Kanté : le choix d'Antonio Conte. Pour renforcer l'entrejeu des Blues de Chelsea, le nouvel entraîneur italien a jeté son dévolu sur la révélation française de Premier League la saison dernière. Champion d'Angleterre avec Leicester, le milieu défensif doit permettre au potentiel offensif de Chelsea d'évoluer en toute sécurité. Comme Makelele en son temps.
– Renato Sanches : le prodige portugais de 19 ans, qui a crevé l'écran lors de l'Euro 2016, a quitté Benfica pour le Bayern Munich, moyennant 35 millions d'euros... plus 45 millions d'euros de bonus ! Le milieu relayeur doit prendre une nouvelle dimension sous les ordres de Carlo Ancelotti.
Attaquants
– Mario Balotelli : l'enfant terrible du football italien pourrait poser ses valises sur la French Riviera, à Nice. Une nouvelle étape dans la sinueuse carrière de l'attaquant de 26 ans. Une dernière chance surtout ?
– Zlatan Ibrahimovic : à bientôt 35 ans, le géant suédois bonifie à merveille sa fin de carrière. Légende au PSG, l'attaquant à la queue-de-cheval a rejoint gratuitement Manchester United et la Premier League, un des derniers grands championnats qu'il n'avait pas encore zlatané. Les débuts sont prometteurs (4 buts en 4 matches).

