Le président syrien Bachar el-Assad a accusé son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, bête noire de Damas, de se servir du coup d'Etat avorté dans son pays comme prétexte pour mettre en oeuvre son "projet extrémiste".
Dans un entretien à l'agence de presse officielle cubaine Prensa Latina diffusé jeudi, M. Assad affirme que le président turc "utilise le coup d'Etat dans le but d'appliquer son propre projet extrémiste, celui (la confrérie) des Frères musulmans", que M. Erdogan affectionne. "Cela est dangereux pour la Turquie et les pays voisins, y compris la Syrie", indique le président syrien engagé depuis cinq ans dans une lutte sans merci contre la rébellion appuyée par Riyad, Doha mais aussi Ankara.
M. Assad s'est abstenu de répondre à la question de savoir s'il aurait souhaité que le coup d'Etat réussisse.
Depuis le début du conflit en 2011, Damas accuse le gouvernement islamo-conservateur de fournir du soutien logistique aux rebelles qu'il accuse de "terrorisme". Ankara est régulièrement la cible de diatribes dans les médias officiels syriens, à l'instar de l'Arabie saoudite et de Qatar.
Au cours de la tentative de putsch vendredi soir, plusieurs sympathisants du régime d'Assad avaient tiré en l'air en signe de joie avant que le pouvoir turc n'annonce que le coup d'Etat a été avorté.
Damas et Ankara étaient des alliés avant le début de la guerre en Syrie qui a fait plus de 280.000 morts. La Turquie, abrite sur son sol quelque 2,7 réfugiés syriens et accueille le siège de l'opposition en exil.
Toutes les tentatives de cessez-le-feu ou de négociations sous l'égide de l'Onu ont jusqu'à présent échoué.
Dans cette interview, M. Assad soutient que tous les "médiateurs (de l'Onu) ne sont pas indépendants", en citant Kofi Annan, Lakhdar Brahimi et l'actuel émissaire de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura. "Il n'y a pas de rôle des Nations unies dans le conflit en Syrie, il y a juste un dialogue russo-américain", précise-t-il.
Russes et Américains cherchent à s'entendre sur une issue au conflit mais celle-ci semble improbable avec la poursuite des combats sanglants sur le terrain entre régime, rebelles, jihadistes et forces kurdes.
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Assad accuse Erdogan de se servir du coup d'Etat avorté
AFP / le 21 juillet 2016 à 18h08

