L'Ensemble musical ecclésiastique levantin de l'Université antonine (Emelua, formé de trois chanteurs et deux instrumentistes) va donner aujourd'hui jeudi 2 juin à 20h à la chapelle Notre-Dame des Semences de l'UA – sous le haut patronage conjoint des archevêques Georges Khodr et Simon Attallah – un concert sous l'intitulé Marānā tā !
Au moment où les traditions musicales des églises d'Orient et, notamment, celles du patriarcat d'Antioche, sont menacées dans leur existence, le projet Marānā tā ! (« Viens ô Seigneur ! ») cherche à réaffirmer la vitalité traditionnelle de ces musiques liturgiques qui « prolongent au temps présent le vécu quotidien clandestin et antique des premières communautés chrétiennes du monde, dans leur attente fervente du retour du Seigneur, qu'expriment ces paroles en araméen qui clôturent l'Apocalypse de saint Jean ».
À signaler que le centre de recherche sur les traditions musicales, rattaché à la faculté de musique et musicologie de l'UA, mène depuis plus d'une décennie des recherches musicologiques approfondies sur les traditions musicales du Levant et réinvestit ces recherches dans la pratique musicale vivante, avec des chantres, des chanteurs et des instrumentistes dotés d'une expertise certaine dans ce domaine.
Selon les organisateurs, et loin de toute tendance fossilisante, le programme Marānā tā ! s'inscrit dans une perspective de revivification et de création, avec recours à l'improvisation et à l'échange entre les expressions musicales syrianophones, hellénophones et arabophones (avec quelques incursions dans les traditions copte et latine grégorienne). Ce programme reprend le schéma général de la profession de foi chrétienne, ou Credo, et le réalise par le biais de la cantillation (souvent) improvisée de versets évangéliques en arabe, grec et syriaque, de l'interprétation de chants liturgiques syriaques maronites, grecs-orthodoxes/catholiques, syriaques-orthodoxes/catholiques, coptes et grégoriens latins, en plus d'un poème soufi sur la Nativité, et s'achève par une variation improvisée (dans le style confrérique soufi) sur l'invocation apocalyptique : « Et l'Esprit et l'épouse disent : "Marānā tā !". »
La création libanaise de cet oratorio, le 2 juin, se prolonge par deux concerts les 13 et 14 octobre 2016 à l'église Saint-Roch à Paris, organisés par la Maison des cultures du monde.
Culture - Concert
Musiques liturgiques à l’Université antonine
OLJ / le 02 juin 2016 à 00h00

