Un livre, un succès très attendu...
En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut (éditions Finitude; 160 pages) est une histoire fantasque, drôle, simple, poétique, belle et triste à la fois. Celle d'une famille particulière dans un univers déjanté qui se laisse vivre au gré d'une ribambelles de cocktails tout en couleurs et en folie, composés à toutes heures de la journée, de réceptions impromptues organisées à toutes heures de la nuit, de vacances improvisées à tout moment de l'année, et de chorégraphies partagées sur les tendres duvets des canapés, ou les ressorts rebondissants des sommiers. Dans ce roman construit sur un ton léger, emprunt d'humour, d'amour et d'extravagance, quatre personnages, Monsieur Georges, Madame Louise, leurs fils et Mlle Superfétatoire, cet oiseau élégant venu droit d'un voyage en Numidie, déambulent à travers une vie qui dénigre la normalité, chante la joie de vivre, et traversent l'existence en bluffant la raison et abordent le tragique avec humour et pudeur. Une écriture réjouissante, qui donne envie d'être lue, relue et retenue, un tourbillon de mots qui vous fait chavirer dans une délicieuse ode à la vie et à l'amour.
À l'envers de l'endroit
Monsieur était chasseur de mouches avant d'être ouvreur de garages. Monsieur travaillait avec un sénateur affublé tendrement du nom de L'Ordure. Monsieur sauvait des vies. Monsieur va rencontrer Louise, « une femme folle et chapeautée d'ailes qui le rendra fou en l'invitant à partager sa démence ». Louise ne portera jamais plus de deux jours le même prénom. Georges lui en trouvera un tous les matins, un tous les soirs, et Louise aimait ça : « Donnez-moi le prénom qui vous chante, lui disait-elle, ici tous les gens sont parfumés à l'ennui. » Henriette faisait des valises, Hortense les défaisait dans un château en Espagne. Eugénie entraînait son fils dans une école buissonnière, lui montrait les amandiers en fleurs et lui apprenait le langage des câlins loin des institutrices raisonnablement ennuyantes. Et Louise, pour empêcher l'huissier de lui saisir l'essentiel, brûlait sa maison pour sauver ses souvenirs et détruire ce qu'elle voulait garder pour elle. Lentement, de la fureur d'aimer à la démence du monde, Louise sombrait dans une folie qui n'avait pas d'agenda, pas d'heure fixe, et Georges et son fils découvraient un univers triste, celui des « déménagés du ciboulot, des décapités mentaux ».
La folie revisitée
Dans les couloirs obscurs où la démence a marqué toutes les portes des chambres, l'auteur se promène parmi des prénoms piochés dans un registre singulier et amusant : Bulle d'air « qui était décapitée mentale à mi-temps et qui prenait ses médicaments par le bras parce qu'elle n'avait pas assez d'appétit » ; Sven qui chantait du Claude François à tue-tête, qui connaissait par cœur tous les scores des matches de polo et qui adorait les statistiques ; et Yaourt qui se prenait pour le président et qui commençait toutes ses phrases en disant moi, moi. Dans ces espaces habités par les cris des désespérés de la vie, Louise trouve ses marques, se prend un amant pour lui dessiner un sourire et le présentera à Georges. Elle s'accommode de sa vie en blouse blanche, donne des ordres, distribue les honneurs, mais manque désespérément à l'Espagne et à son château.
Et si la vie ne méritait d'être vécue que hors des sentiers battus par la banalité et la routine. Si l'on arrêtait d'ouvrir son courrier, de travailler pour gagner sa vie, si l'on désertait les bancs de l'école pour l'école de l'amour, si l'on dansait sur des musiques qui chantent la liberté, on flirterait avec la vie tout en couleurs de Louise, de Georges, d'Olivier Bourdeaut et de Mlle Superfétatoire, et on serait peut-être heureux...
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Ce qu'ils en pensent
– La libraire La Manœuvre à Paris : « Un grand bonheur de lecture, une écriture tourbillonnante, une vraie curiosité, un petit bijou au style poétique et inventif. »
– Elle : « Une fable extravagante, une ambiance littéraire, où Jaques Prévert, Raymond Queneau et Ronald Dahl se dandinent autour d'un piano de Boris Vian. »
– Une lectrice libanaise : « Ce roman au titre improbable n'est pas sans rappeler Daniel Pennac et
sa famille Mallaussène.
Un style faussement simple avec des formules tellement justes, dans la veine d'Émile Ajar. »
Bref, un roman à lire d'un trait et duquel on ne sort pas indemne.
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« Mon seul diplôme, c'est mon acte de naissance »
Pour la petite histoire, Olivier Bourdeaut a été agent immobilier, ouvreur de robinets et cueilleur de fleurs de sel. Des métiers aussi improbables que le titre de son premier roman. Après avoir durant des années collectionné les lettres de refus de tous les éditeurs de France, il signe en mars 2015 son contrat avec la maison d'édition bordelaise. « Toute ma vie, j'ai été un loser, mon seul diplôme, c'est mon acte de naissance », dit-il.
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