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Culture - Exposition

« Ma montagne est un être vivant »

Après deux ans d'escalades et d'approche picturale, l'architecte Chirine Sayegh reproduit sur toile la montagne libanaise. Avec beaucoup de tendresse et de respect.

Chirine Sayegh grimpe... et peint.

Plus de vingt-trois toiles, grand format, représentant la montagne libanaise, sont accrochées sur les cimaises de la salle polyvalente de l'Alba*. Elles sont le fruit d'une double recherche, personnelle et picturale, de l'artiste peintre Chirine Sayegh.

Chirine Sayegh : architecte ou peintre ?
« Les deux », répond-elle. En effet, l'artiste est diplômée en architecture de l'Alba où elle enseigne à présent le croquis. Elle décide il y a quelques années de se lancer dans la création de meubles puis dans la peinture. Après deux expositions collectives, elle choisit de sonder la transparence dans cet accrochage individuel baptisé « Minéral ». « C'est en gravissant la montagne et en découvrant ces strates de roches que j'ai trouvé le sujet idéal pour élaborer l'effet plastique que je désirais : la transparence. Qu'est-ce que cette transparence sinon une tessiture formée de couches de peinture, lesquelles à force de s'entasser l'une sur l'autre finissent par faire percer la lumière ? » « Une technique que j'aimerai développer encore plus pour l'adapter au croquis de villes ou même de profils humains. »

Cette montagne est-elle rêvée ou réelle ?
Des flocons cotonneux, des coulis ou même des amoncellements de couleurs, ce sont autant d'images lumineuses. « Ma montagne est onirique mais tactile, dit Chirine Sayegh. Elle est comme un être vivant qui vibre quand on la touche. Certaines œuvres sont le fruit de mon imagination tandis que d'autres lieux sont bien réels. » Ainsi on distingue bien le relief d'Afqa, de Tannourine (el-Faouqa) de Laklouk ou de Faqra, de par leur relief si dissemblable. « Cette montagne, nourricière comme une maman et comme toutes les femmes libanaises, a su protéger ses enfants et les abriter du mal. Pourquoi la détruit-on ? » poursuit l'artiste.

« Je les caresse et... les peins au couteau »
Dans cet espace où la fragilité se mêle à la force, tout est chargé d'émotion. Tant au niveau des couleurs posées en aplat, avec le couteau et où l'erreur n'est pas permise, qu'au niveau des contrastes rendus possibles par la maîtrise de ce même couteau qui a remplacé les brosses. À travers ces strates, où le regard serpente, sillonne, grimpe avec l'artiste à la découverte d'autres gouffres ou crevasses, gouffres, c'est la montagne qui livre ses secrets à chacun de nous en toute dignité et majesté. Une montagne millénaire, témoin de tant d'histoires. Imposante et non possessive, elle n'embrigade personne mais laisse repartir le visiteur chargé d'une émotion vierge.

*À partir de demain jeudi 21 avril à l'Alba et jusqu'au mercredi 27 avril (tous les jours de 10h à 19h sauf le dimanche 24)

Plus de vingt-trois toiles, grand format, représentant la montagne libanaise, sont accrochées sur les cimaises de la salle polyvalente de l'Alba*. Elles sont le fruit d'une double recherche, personnelle et picturale, de l'artiste peintre Chirine Sayegh.
Chirine Sayegh : architecte ou peintre ?« Les deux », répond-elle. En effet, l'artiste est diplômée en architecture de l'Alba où elle enseigne à présent le croquis. Elle décide il y a quelques années de se lancer dans la création de meubles puis dans la peinture. Après deux expositions collectives, elle choisit de sonder la transparence dans cet accrochage individuel baptisé « Minéral ». « C'est en gravissant la montagne et en découvrant ces strates de roches que j'ai trouvé le sujet idéal pour élaborer l'effet plastique que je désirais : la transparence....
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