Au moins 17 hommes devaient être cloués vendredi sur la croix aux très catholiques Philippines, où le Vendredi saint est chaque année l'occasion de rejouer les dernières heures du Christ dans un spectacle extrême réprouvé par l'Eglise.
A l'aube, de jeunes hommes déguisés en soldats romains ont paradé Willy Salvador, un pêcheur de 59 ans, et deux autres candidats au supplice dans les rues de San Juan, village au nord de Manille, où il devait être crucifié.
"Je sais que vous ne me croirez pas, mais Dieu m'a aidé à me remettre d'une dépression", a déclaré à l'AFP Salvador, qui joue Jésus Christ chaque année depuis 2006. "C'est ma façon à moi de le remercier de m'avoir guéri."
Les clous traversent chaque main et les deux pieds mais ce n'est pas sur eux que repose le poids des pénitents, dont les bras sont également attachés à la croix. Ils ne passent que quelques minutes ainsi suspendus, avant d'être redescendus et de recevoir des soins.
De telles crucifiements sont également prévus dans les villages voisins de San Pedro et Santa Lucia. Des responsables locaux en prévoient au moins 14, rien qu'à San Pedro.
Ces reconstitutions d'un des moments les plus emblématiques de la Passion de Jésus Christ sont la forme la plus extrême de la piété dans certains petits villages de cet archipel à 80% catholique. Réprouvés par l'Eglise, ces rituels sont devenus une attraction touristique majeure.
Des milliers de personnes sont ainsi attendues à San Pedro -où les mises en croix se déroulent depuis 30 ans- pour assister aux crucifiements et à d'autres rituels sanguinolents. Ainsi des hommes torses nus défileront cette année encore en se flagellant avec des morceaux de bambou noués par des cordes, en pénitence de leurs pêchés.
"L'Eglise déconseille ce genre d'actions car Jésus Christ a déjà vécu ces moments pour nous et il n'y a aucune raison de les répéter", a déclaré à l'AFP le père Douglas Badong, recteur de la paroisse de Quiapo, dans le centre de la capitale.
Pour Claro Tolentino, responsable du village de San Juan, crucifiements et flagellations sont en revanche une partie intégrante de la culture et des traditions des Philippines, archipel qui a été converti au catholicisme lors de sa conquête par l'Espagne au 16e siècle. "C'est notre culture. Tout le monde doit respecter la culture et les croyances de notre population", demande-t-il.
A l'aube, de jeunes hommes déguisés en soldats romains ont paradé Willy Salvador, un pêcheur de 59 ans, et deux autres candidats au supplice dans les rues de San Juan, village au nord de Manille, où il devait être crucifié.
"Je sais que vous ne me croirez pas, mais Dieu m'a aidé à me remettre d'une dépression", a déclaré à l'AFP Salvador, qui joue Jésus Christ chaque année depuis 2006. "C'est ma façon à moi de le remercier de m'avoir guéri."
Les clous traversent chaque main et les deux pieds mais ce n'est pas sur eux que repose le poids des pénitents, dont les bras sont...

