Les chefs de la diplomatie européenne ont affirmé lundi à Bruxelles qu'ils resteraient fermes face à Moscou tant sur les sanctions décrétées en raison du conflit en Ukraine que sur le soutien russe au régime de Bachar el-Assad en Syrie.
"Nous devons avoir des relations avec la Russie mais nous ne devons pas perdre de vue le défi que représente la Russie à nos valeurs et à notre sécurité, et nous devons être fermes en défendant nos principes, nos valeurs et nos frontières en Europe", a lancé le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond.
La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a demandé au 28 ministres des Affaires étrangères de dégager "une définition commune et unie des principes directeurs de notre relation bilatérale avec la Russie", lors de leur réunion mensuelle lundi à Bruxelles.
La discussion de lundi ne porte pas formellement sur les sanctions contre des personnes impliquées dans le conflit ukrainien, dont tout un pan vient d'être renouvelé, ni sur les sanctions économiques décrétées à l'été 2014 contre Moscou, qui arriveront à échéance fin juillet, a prévenu Mme Mogherini.
Mais "je ne pense pas qu'il y aura un changement de politique" en la matière, a assuré le ministre slovaque Miroslav Lajcak, alors que la situation dans l'Est ukrainien reste instable.
L'UE demande une application pleine et entière des accords de Minsk, qui ont permis d'instaurer un fragile cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, avant de pouvoir envisager une levée des sanctions.
"Cet été, quand on discutera de la façon dont les accords de Minsk sont mis en oeuvre, il faudra considérer objectivement les faits", a insisté son homologue lituanien Linas Linkevicius.
"La sécurité devrait être le premier" critère, a insisté M. Linkevicius, rappelant que ces accords prévoient notamment une cessation totale des hostilités, le retrait des armes lourdes de la ligne de front et la reprise du contrôle de la frontière à l'Est, actuellement aux mains des Russes, par les autorités ukrainiennes.
M. Hammond a été également particulièrement sévère envers le président russe Vladimir Poutine, "qui a énormément soutenu le président Assad sur le plan militaire et politique", au moment où les pourparlers entre le régime de Damas et l'opposition reprennent à Genève.
"M. Poutine devrait appeler le président Assad et lui dire d'arrêter les largages de barils d'explosifs, de cesser les attaques contre les zones tenues par l'opposition pendant le cessez-le-feu (...) M. Poutine doit tenir son protégé (Bachar el-Assad) et faire en sorte qu'il respecte les règles que la Russie a acceptées" pour relancer les négociations de paix, a insisté le ministre britannique.


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