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Culture - Concert

Un bouquet de chrysanthèmes et des tranches de vie...

Hier soir, le Quatuor du Théâtre de San Carlo de Naples a officié dans l'écrin de la chapelle Saint-Louis des capucins. Dégageant non seulement une double odeur de piété, mais surtout un recueillement et une dévotion pour la musique.

Le Quatuor du Théâtre de San Carlo de Naples niche au creux de la chapelle Saint-Louis des capucins. Photo Nasser Trabulsi

Devant une salle affichant complet jusqu'au dernier banc à côté du grand portail en bois de l'entrée, les quatre musiciens du Quatuor du Théâtre de San Carlo de Naples (Cecilia Laca et Luigi Buonomo aux violons, Antonio Bossone à l'alto et Luca Signorini au violoncelle) sont aux commandes, devant l'autel, pour un voyage sonore. Avec des pages de Puccini, Mozart et Smetana pour une évasion à frontières multiples. Qui démarre en fragrance de Chrysanthèmes d'après une partition de Puccini.
Ce n'est pas Madame Butterfly mais aux confins de son tragique et de sa douleur. Avec des cordes plaintives et au lyrisme largement étalé en éventail. Œuvre courte, moderne et crépusculaire à la fois dans ses accents chavirés, d'une grande charge et force émotionnelles.

Joyau de la musique de chambre
Échappée belle, comme un changement de cap et de lumière, avec le Quatuor pour cordes n21 en ré K575 du génie de Salzbourg. On ne retrouve pas là la source de La Petite Musique de nuit mais un ton bien différent. Ni plus divin, ni plus joyeux, ni une tristesse soudaine, mais un ton tout simplement humain. Surtout dans le mélange subtil de l'approche du contrepoint. Car parmi les vingt-trois derniers quatuors de Mozart, joyau de la musique de chambre, celui-là reste sans nul doute parmi les plus précieux pour attester d'un art qui annonçait déjà les épanchements de Beethoven. Une écoute particulière pour une œuvre qui résonne comme une petite révolution...
Puisque Beethoven est évoqué, vient à point l'opus de Bedrich Smetana qui parle « de sa vie », justement, avec le Quatuor pour cordes n1 en mi mineur. Quatre mouvements pour un tour d'horizon bien romantique où, entre exaltation, labeur et accident de parcours, alternent les paysages d'une destinée humaine.
Réveil des sens, fascination pour l'univers musical, mondanité entre danse (pointe le nez d'une sémillante Polka !) et plaisirs frivoles, découverte du nationalisme et la surdité qui vient comme une foudre... Résignation mais pas de désespoir pour le compositeur de La Moldau atteint de syphilis et qui mourra après un séjour dans un asile psychiatrique. Mais ses poèmes symphoniques sont le cœur du printemps de Prague, chaque 12 mai...
Les dernières mesures éteintes sur les discrètes confidences autobiographiques, une trombe d'applaudissements. Grâce soit rendue à leur immense talent et prestation au-dessus de tout éloge. En rappel, un vibrant premier mouvement d'un quatuor de Verdi.
C'est avec le sourire que les quatre musiciens tirent la révérence à un public qui a le mérite d'avoir galéré sur des routes bloquées à cause des manifestations contre l'état des poubelles sans solution ! Musique contre ordures. Et la bataille n'est toujours pas conclue...

Ce concert était placé sous l'égide de l'Université antonine, avec le concours de l'Institut culturel italien de Beyrouth.

Devant une salle affichant complet jusqu'au dernier banc à côté du grand portail en bois de l'entrée, les quatre musiciens du Quatuor du Théâtre de San Carlo de Naples (Cecilia Laca et Luigi Buonomo aux violons, Antonio Bossone à l'alto et Luca Signorini au violoncelle) sont aux commandes, devant l'autel, pour un voyage sonore. Avec des pages de Puccini, Mozart et Smetana pour une évasion à frontières multiples. Qui démarre en fragrance de Chrysanthèmes d'après une partition de Puccini.Ce n'est pas Madame Butterfly mais aux confins de son tragique et de sa douleur. Avec des cordes plaintives et au lyrisme largement étalé en éventail. Œuvre courte, moderne et crépusculaire à la fois dans ses accents chavirés, d'une grande charge et force émotionnelles.
Joyau de la musique de chambreÉchappée belle, comme un...
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