Le dirigeant des conservateurs bavarois, Horst Seehofer, a accusé samedi la chancelière allemande d'avoir perdu le sens des réalités dans la crise des réfugiés qui fait tanguer l'Europe et enjoint à Angela Merkel de restreindre l'arrivée des migrants.
"On peut fuir un moment face à elle (la réalité) car elle ne correspond pas au concept politique mis en place. Mais alors c'est la population qui va nous fuir", a souligné le président de l'Union chrétienne-sociale (CSU), le petit frère bavarois de la CDU d'Angela Merkel, dans un entretien au magazine der Spiegel.
"Les Suédois agissent, les Danois agissent, les Belges agissent, il n'y a que chez nous que c'est complètement différent", a-t-il fustigé alors que ces pays ont rétabli des contrôles aux frontières, comme l'Allemagne depuis l'automne.
"Plus nous voyons que les solutions européennes ne fonctionnent pas, plus nous devons mettre en place des mesures nationales: le contrôle de nos frontières nationales et le refoulement des réfugiés", selon le dirigeant bavarois.
"Rien que pour cette année, 110.000 réfugiés sont déjà arrivés en Bavière", porte d'entrée des migrants en Allemagne à l'issue de leur sinueuse odyssée dans les Balkans et l'Autriche. "Le danger existe que nous ayons à nouveau avant la fin de l'année un million de réfugiés", selon M. Seehofer.
La Bavière, l'un des Etats régionaux les plus riches, est aux prises depuis des mois avec le gouvernement d'Angela Merkel et réclame qu'un plafond chiffré de 200.000 soit fixé au delà duquel l'Allemagne n'acceptera plus de migrants sur son territoire pour cette année.
Mais si la chef de gouvernement a promis de nettement réduire le nombre de candidats à l'asile, elle refuse catégoriquement d'énoncer une limite chiffrée.
La facture politique pourrait toutefois s'avérer lourde car le camp conservateur ne cesse de dégringoler dans les sondages depuis l'automne. Or se profilent dans deux semaines des élections cruciales dans trois Etats régionaux, dont le riche Bade-Wurtemberg, Land qui compte parmi les plus gros contingents de demandeurs d'asile.
Le parti populiste de droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a, en revanche, le vent en poupe.
Horst Seehofer, qui a multiplié les ultimatums vis-à-vis de la chancelière sans jamais les mettre à exécution, a également "expressément salué" la décision très controversée de l'Autriche de fixer un quota journalier de réfugiés autorisés à entrer sur son territoire.
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Réfugiés : les conservateurs bavarois accusent Merkel d'avoir perdu le sens des réalités
AFP / le 27 février 2016 à 13h43


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