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La Turquie doit enquêter sur des tirs contre des civils (Onu)

Le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a appelé lundi la Turquie à ouvrir une enquête sur les tirs qui ont visé un groupe de personnes il y a dix jours alors qu'elles n'étaient pas armées dans le sud-est du pays à majorité kurde.

Zeid Ra'ad Al Hussein, qui s'exprimait lors d'un point de presse, faisait référence à dix personnes, dont deux politiques de l'opposition, qui ont été la cible de tirs le 20 janvier dernier à Cizre alors qu'elles portaient secours à des blessés de heurts précédents.

Le Haut Commissaire a appelé les autorités turques "à respecter les droits fondamentaux de civils lors de ses opérations de sécurité" et à ouvrir "rapidement" une enquête.

Le sud-est de la Turquie est en proie à la violence depuis la fin, au mois de juillet dernier, du cessez-le-feu qui prévalait depuis deux ans et demi entre les forces gouvernementales et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ce conflit civil a fait 40.000 morts depuis 1984.

"Aujourd'hui, j'appelle les autorités turques à respecter les droits fondamentaux des civils dans ses opérations de sécurité et à enquêter rapidement sur les tirs dont a apparemment été victime un groupe de personnes non armées dans la ville de Cizre (...) après les images vidéo choquantes apparues la semaine dernière", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein lors d'un point de presse.

Sur les images, explique le Haut Commissaire, on voit un homme et une femme tenant des drapeaux blancs et poussant une charrette, transportant peut-être des corps, en train de traverser une rue et surveillés par un blindé. "Alors qu'ils atteignent l'autre côté, ils sont apparemment fauchés par une avalanche de tirs", déclare Ra'ad Al Hussein.

Il a dit s'inquiéter aussi pour celui qui a filmé la scène, disant craindre son arrestation. "Filmer une atrocité n'est pas un crime, mais tirer sur des civils non armés l'est assurément", a dit le Haut Commissaire.

Zeid Ra'ad Al Hussein a également fait part de sa préoccupation concernant les poursuites à l'encontre de deux journalistes, le rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, Can Dundar et son chef du bureau d'Ankara, Erdem Gul.

Ce journal résolument laïque a toujours été très critique envers le président turc Recep Tayyip Erdogan et l'AKP, le parti islamo-conservateur qu'il a fondé.

"Personne ne devrait encourir des peines de prison à vie, comme dans les cas de Can Dundar et Erdem Gul, en raison d'un article dont on est l'auteur. Les journalistes et les autres personnes qui travaillent dans la presse ne doivent pas être arrêtés, détenus ni poursuivis pour l'exercice légitime et pacifique de leur profession", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein.

Le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a appelé lundi la Turquie à ouvrir une enquête sur les tirs qui ont visé un groupe de personnes il y a dix jours alors qu'elles n'étaient pas armées dans le sud-est du pays à majorité kurde.
Zeid Ra'ad Al Hussein, qui s'exprimait lors d'un point de presse, faisait référence à dix personnes, dont deux politiques de l'opposition, qui ont été la cible de tirs le 20 janvier dernier à Cizre alors qu'elles portaient secours à des blessés de heurts précédents.
Le Haut Commissaire a appelé les autorités turques "à respecter les droits fondamentaux de civils lors de ses opérations de sécurité" et à ouvrir "rapidement" une enquête.
Le sud-est de la Turquie est en proie à la violence depuis la fin, au mois de juillet dernier, du cessez-le-feu qui prévalait...