Source : IPPC (Integrated Pollution Prevention and Control).
L'industrie automobile se retrouve une fois de plus sur les genoux en train de plaider innocence et ignorance par rapport aux allégations des émissions. Tout a commencé par Volkswagen, et c'est au tour de Renault maintenant. Une semaine après que le nouveau PDG de VW eut affirmé que la fraude n'était pas une fraude, ni un mensonge, mais une simple erreur, le gouvernement français, appuyé par la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, s'en prend au losange français, disant que les émissions diesel, bien que sans tricherie évidente, sont plus hauts que les normes établies par les régulations. La neige craque et l'avalanche s'enclenche. Sans aucune intention de s'arrêter ici, la liste des constructeurs ne fait que commencer. Mais revenons un peu sur le diagramme plus haut...
25 % pour la production d'électricité et de chaleur, 24 % pour l'agriculture, 21 % pour les usines du secteur industriel et on s'attaque lâchement aux voitures qui partagent 14 % avec les avions, les bateaux et les camions ? Basta ! La faim justicière environnementale, qui à toujours préféré les victimes les plus faibles, s'empare des constructeurs automobiles, une industrie responsable de bien moins de 10 % de la contribution totale de pollution et gaz à effet de serre de peur de toucher aux autres industries (agroalimentaires, pharmaceutiques, fabrication de plastiques...) vu leur puissance politique, diplomatique et financière.
Ceci dit, ils ne seraient peut-être pas les fautifs directs de ce scandale, mais les constructeurs automobiles ont encouragé une tendance peu honnête durant leur règne : le mensonge.
Eh oui ! Tout le monde ment. « On ne ferait pas confiance à un être honnête, il cacherait sûrement quelque chose... ». Et les automobilistes n'en font pas exception. Pour un début, tout constructeur ment sur le badge de sa voiture, badge qui représente le volume ou la puissance du véhicule. Les Mercedes AMG 6.3 masquent leurs 6.2 chevaux, les Ford Mustang GT 500 (chevaux) en oublient quelque 50 dans l'écurie...
Mais cela devient moins mignon quand il s'agit de chiffres qui affectent directement le client/consommateur. Toute voiture (et on dit bien toute voiture) ment sur au moins 4 aspects : la vitesse de pointe, l'accélération, les émissions de gaz et la consommation d'essence. Que ce soit à travers des programmes pour tricher les tests ou non, les résultats seront toujours surréalistes, adaptés aux laboratoires et non sur les routes. Les conditions de ces tests, étant stériles et favorables aux constructeurs, vont apporter des performances sur papier qui ne peuvent jamais être égalées par un être humain sur l'asphalte la plus lisse.
Pour ce qui est des spécifications liées à la puissance, notamment la vitesse de pointe et l'accélération, elles sont mesurées avec des pneus non commercialisés, une surface parfaite, parfois même en légère inclinaison vers le bas, une atmosphère, avec le vent du bon côté, oxygénée favorablement, et tout système restrictif éteint. Votre voiture peut en effet accélérer de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes, mais vous ne pouvez pas effectivement le faire dans la réalité.
Frustrant ? Allons plus loin... La consommation d'essence et l'émission des gaz sont testées en laboratoire à travers des cycles standardisés établis (NEDC, WLTP) de conduite robotisée quasi inaccessible même pour les véhicules autonomes ; il ne s'agit donc pas seulement de la façon de conduire qui diffère entre un robot optimisé et un être humain, mais surtout de l'environnement et du contexte de cette conduite. Les constructeurs conçoivent leurs moteurs parfaitement pour s'accommoder à ces cycles qui ne représentent pas la norme. Le résultat est que vous n'atteindrez jamais les spécifications dont votre véhicule est capable sur le papier.
Tels sont ces mots-clés diaboliques : « Sur papier. » Sur papier, l'homme peut survivre pendant 25 à 30 minutes sans oxygène, sur papier, le Liban est un pays indépendant autogouverné. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on va s'amuser à retenir notre respiration en attendant l'arrivée d'un président.
Morale de l'histoire : dans la première journée de ces accusations (le 14 janvier), les actions Renault sont en chute libre, 20 % en moins. Les prix des voitures Renault en France sont parallèlement réduits de 10 %. Cela risque d'entraîner de légères modifications sur le prix de leurs véhicules au Liban. Donc, arrêtez d'acheter des actions Renault et commencez à acheter des voitures Renault !

