La couverture de l’ouvrage.
Quel acte plus généreux que de partager l'expérience de la maladie avec les autres ? Choisir les mots et les gestes quand «la peur suscite des papillons dans le ventre». Édité chez Hachette Antoine, l'ouvrage en petit format où l'on trouve peu de mots mais tellement éloquents sans fard ni artifices adossés à des illustrations, My mum has cancer* a été écrit en anglais (et traduit par la suite en arabe) par Nuha Hachache, illustré par son amie Maroulla Barakat et édité aujourd'hui par son époux Hani
Hachache.
Dépasser la peur...
Celle-ci a emprunté le langage des enfants (les siens), sans les nommer, pour parler du drame en termes simples et précis. Quand le cancer tape à la porte, la vie, bien qu'elle continue, n'est plus la même. Elle semble se figer dans une bulle-temps, au présent. Comme pour conjurer le sort. Si les jours qui suivent seront appelés, en termes très banals et très peu significatifs, un combat, il s'agira en fait de beaucoup plus que cela. Le malade n'a pas d'autre choix. Il sait que la décision revient à la Faucheuse. À lui de réagir à sa façon... Se laisser abattre, se replier dans la prière, la méditation ou continuer tout simplement à travailler, à aimer conjoint ou conjointe et à éduquer son ou ses enfants, tel est le défi, et Nuha Hachache l'a bien compris et a voulu partager cela dès son vivant. Aujourd'hui son vœu est exaucé. Et l'auteure se profile derrière ses mots et esquisse peut-être, là où elle se trouve, un sourire.
... et la sublimer
Son message dans ce livre est dédié à ceux et à celles qui demeurent, ainsi qu'à l'entourage du malade, particulièrement l'enfant qui ne comprend pas une telle situation. Mais également à l'ONG Balsam pour les soins palliatifs, qui accompagne les malades et leur entourage durant cette rude épreuve.
Le livre brosse donc le portrait d'une famille traditionnelle : un papa, une maman, deux enfants, leurs gestes anodins de tous les jours. Et si l'ouvrage raconte l'avènement d'un intrus qui déséquilibre l'ordre des choses, son auteure va au-delà de la maladie, des mots évidés, pour les remplir d'un cri d'amour et d'espoir à ses enfants. Le chaos des émotions causé par cet intrus ne peut détruire une chaîne d'amour bien soudée. Nuha Hachache le dit d'ailleurs si bien à la fin de son ouvrage, en termes fins et élégants: «Qu'importe l'apparence physique qui change l'être atteint de cancer, l'amour à l'intérieur reste intact.» Il ne peut être terni par de simples cellules désordonnées.
Quelle que soit l'issue, c'est le parcours de cette épreuve qui compte. En évacuant douleurs, souffrances et peurs, Nuha Hachache l'a assumé avec panache.
*« My mum has cancer » est disponible à la librairie Antoine et sur antoineonline.com et bientôt sur amazon.com. Les bénéfices iront à l'ONG Balsam, le Centre libanais pour les soins palliatifs.
Dépasser la peur...Celle-ci a emprunté le langage des enfants (les siens), sans les nommer, pour parler du drame en termes simples et précis. Quand le cancer tape à la porte, la vie, bien qu'elle continue, n'est plus la même. Elle semble se figer dans une bulle-temps, au présent. Comme pour conjurer le sort....


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