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Culture - Concert

Le génie de Salzbourg, sans fausse note

Un bouquet de voix des quatre points cardinaux, un piano, les mélodies de Mozart et la musique, divine et incantatoire, resplendit tel un diamant dans l'enceinte de l'église Saint-Louis des capucins.
Moment de grâce avec l'Académie de l'Opéra de Paris (présentée en ouverture de la saison par l'Université antonine, dans le cadre de son cycle de concerts dédiés à la musique de chambre) sous les voûtes d'un lieu de prière devenu, le temps d'un récital mozartien, temple lyrique riche d'une myriade de résonances célestes et terrestres à la fois.
Cris de la passion, infidélité, douces intermittences du cœur, jeux du hasard et de l'amour, du pouvoir de la séduction, de l'inconstance des femmes, de la ruse des hommes, autant de facettes que les voix des personnages du compositeur de La flûte enchantée portent jusqu'à l'incandescence, l'émotion la plus vive.
Devant un public nombreux, un autel illuminé et orné de grands bouquets de roses blanches, sans décor ni costumes, mais en simples habits modernes, se sont succédé Ruzan Mantashyan et Adriana Gonzalez (sopranes), Gemma Ni Bhriain (mezzo – soprane aux apparitions mesurées car sa gorge était prise par une méchante laryngite), Yu Shao (ténor), Tomasz Kumiega (baryton) et Mikhail Timoshenko (baryton-basse). Au piano avec couvercle ouvert, trônant entre les deux nefs latérales, Thibaud Epp.
Quatre extraits (duo, trio, solo) des opus lyriques du génie de Salzbourg (La flûte enchantée, Les noces de Figaro, Don Juan. Cosi fan tutte) pour traduire toutes les phosphorescences d'une musique reflet sonore de la beauté et des contradictions du monde.
En ouverture, aériens, lumineux, vifs, enjoués, les airs et arias de Pamina et Papageno ont des solitudes et des correspondances enchantées. Elles ouvrent le bal des notes en toute scintillante fraîcheur et fluidité.
Sur un canevas d'opéra bouffe, branle-bas sous un toit où cohabitent manque de vertu et batifolage, mais aussi duel à fleurets mouchetés entre maître et valet. Suzannah, camériste piquante, en fait des trilles et des rossignolades... Des noces concoctées dans une folle journée qui finira quand même avec un heureux dénouement. Dans le sens que la vérité mettra les cœurs à nus...
Leporello, Don Giovanni (admirable Mikhael Timoshenko qui a le don d'ubiquité de passer de l'un à l'autre) et Zerlina pour « chanter » la séduction et ses entourloupes. D'abord cette nomenclature redoutable, tel un catalogue de vente, des innombrables victimes et proies de l'incurable Casanova. Hésitation entre fidélité et passade : Zerlina aux abois avec une musique qui mêle adroitement voix de baryton et soprane pour un ballet indécis entre légèreté et gravité, fretin plaisir et péché...
Et c'est avec le feu d'artifice, le drame joyeux, le tombé des masques de Cosi fan Tutte (larges extraits de deux actes et leurs nombreuses scènes) que l'on clôture le concert. En prime, bien entendu, une musique des plus fines. Une musique qui allie en toute subtilité, pour les désirs des corps et les fantasmes de l'esprit et de l'imaginaire érotique, des fleuves et des rivières de ressources sonores. Inépuisables dans leur palette de couleurs vocales pour cerner, en toute drôlerie, furtive gravité, sans une note ampoulée ou guindée, tout l'insondable de la nature humaine. Et de l'incroyable pouvoir de séduction de ces artistes, jeunes, à la présence scénique juste et au chant maîtrisé. Avec, en apothéose finale, le sextuor détonnant de Cosi pour une éclatante cavalcade polyphonique.
Avec six voix (multinationales, mais ça, c'est un effet du hasard...) et un clavier, une soirée sans fausse note. Au propre et au figuré.

Un bouquet de voix des quatre points cardinaux, un piano, les mélodies de Mozart et la musique, divine et incantatoire, resplendit tel un diamant dans l'enceinte de l'église Saint-Louis des capucins.Moment de grâce avec l'Académie de l'Opéra de Paris (présentée en ouverture de la saison par l'Université antonine, dans le cadre de son cycle de concerts dédiés à la musique de chambre) sous les voûtes d'un lieu de prière devenu, le temps d'un récital mozartien, temple lyrique riche d'une myriade de résonances célestes et terrestres à la fois.Cris de la passion, infidélité, douces intermittences du cœur, jeux du hasard et de l'amour, du pouvoir de la séduction, de l'inconstance des femmes, de la ruse des hommes, autant de facettes que les voix des personnages du compositeur de La flûte enchantée portent jusqu'à...
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