Ces opérations, qui ont débuté dans la matinée et se poursuivaient dans l'après-midi, ont eu lieu à la suite d'une décision de justice, a-t-on appris de sources concordantes proches du dossier.
Sans solution de relogement, une cinquantaine de réfugiés, accompagnés de militants du mouvement "No border", qui luttent pour l'abolition des frontières, ont effectué un sit-in au port en fin de matinée pour refuser de se rendre à la "New Jungle", le camp situé sur la rocade calaisienne abritant près de 3.000 migrants.
"Les Syriens refusent d'y aller en raison du climat d'insécurité qui y règne", a affirmé Franck, un responsable de l'ONG Médecins du monde.
Ils ont été délogés par les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gel lacrymogène, et ont procédé à l'interpellation de trois militants "No border", selon plusieurs responsables associatifs.
En milieu d'après-midi, deux autres campements d'une cinquantaine de personnes chacun, également situés à proximité du port et dans lesquels vivaient depuis plusieurs mois des Syriens mais aussi d'autres migrants venant d'Afrique, ont été démantelés.
A cette occasion, une autre militante associative a été interpellée "pour avoir tenté de frapper le commissaire de police", a indiqué Philippe Mignonet, adjoint au maire en charge de la sécurité.
Ces habitations précaires, composées de tentes,ont été installées depuis plusieurs mois, bien avant la mise en place de la "New Jungle" construite en avril.
Sous la pluie battante, plusieurs groupes de migrants, dont de nombreuses femmes avec enfants, erraient dans l'après-midi dans le centre-ville avec sur le dos des sacs plastique noirs contenant leurs, à la recherche d'un toit ou d'un lieu pour replanter un campement de fortune, a rapporté un correspondant de l'AFP.
Un quatrième campement, situé à proximité de la "New Jungle" mais installé proche d'un site classé Seveso, abritant plusieurs ressortissants Erythréens, a également été démantelé à l'aide d'un bulldozer, a constaté un photographe de l'AFP.
"Le campement de la lande (appelé aussi "New Jungle") permet aux migrants de s'installer à Calais. En dehors de ce campement, toute implantation illicite ne peut demeurer en l'état et fera l'objet d'une évacuation, comme ce fut le cas ce matin", a affirmé à l'AFP la préfecture du Pas-de-Calais.
La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), s'est félicitée dans un communiqué de cette "nouvelle avancée en matière de fermeté quant à la gestion de la problématique migratoire", estimant que "pour qu'il y ait de l'humanité, il faut aussi de la fermeté".
Environ 3.000 migrants, venus principalement d'Afrique de l'Est, d'Afghanistan et de Syrie, se trouvent également dans le Calaisis dans l'espoir de rejoindre l'Angleterre, qu'ils considèrent comme un eldorado. En comptant les clandestins présents dans un camp de Grande-Synthe, à une quarantaine de km de Calais, ce sont environ 4.000 migrants qui sont présents dans le Calaisis et le Dunkerquois.


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