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Tunisie : les organisateurs maintiennent une marche anticorruption interdite

Le principal mouvement appelant à manifester samedi à Tunis contre un projet de loi controversé d'amnistie des délits de corruption a indiqué vendredi maintenir ce rassemblement malgré l'interdiction des autorités et assumer ses responsabilités.

"Nous avons décidé de descendre dans la rue et d'assumer nos responsabilités envers les campagnes de répression et d'intimidation dont nous ferons l'objet", a déclaré à la presse l'avocat Charfeddine Kellil, responsable de "Non, nous n'allons pas pardonner", un mouvement citoyen créé après l'annonce du projet de loi. "Nous espérons que l'autorité ne glisse pas vers ce faux choix (de réprimer), dont l'échec a été démontré" par le passé, a-t-il ajouté.

Ce mouvement ainsi que plusieurs partis d'opposition et des personnalités indépendantes ont appelé à manifester samedi dans le centre de Tunis pour dénoncer un projet de loi de "réconciliation" prévoyant l'amnistie de personnes poursuivies ou condamnées pour corruption en échange d'un remboursement des préjudices et d'une pénalité financière.

Ce texte a été présenté en conseil des ministres cet été à l'initiative du président Beji Caïd Essebsi. "Nous réclamons son retrait immédiat. Le président doit protéger la constitution comme président de tous les Tunisiens. Avec ce projet de loi, il est devenu président d'une élite de corrompus", a clamé Me Kellil.

Mardi, le ministère de l'Intérieur avait prévenu que tout rassemblement était par définition illégal, du fait de l'état d'urgence réintroduit après l'attaque jihadiste près de Sousse fin juin (38 morts), une prise de position dénoncée par les organisateurs de la marche, qui y voient une volonté de museler la contestation.

Le gouvernement a assuré que "le refus d'autoriser les manifestations" n'avait "aucun lien" avec des "considérations politiques". "Notre pays passe aujourd'hui par un moment exceptionnel de lutte contre le terrorisme (...), ce qui nécessite une conciliation entre la préservation des droits et libertés et la préservation des citoyens, de la nation et des intérêts du pays", a-t-il argué dans un communiqué.

L'avenue Habib Bourguiba, principale artère de Tunis où doit se dérouler la manifestation de samedi, a ainsi été totalement fermée à la circulation pour cinq jours --jusqu'à lundi--, en raison de "menaces terroristes" selon les autorités.

Afin de tenter de trouver un terrain d'entente sur la tenue du rassemblement, un responsable du Front populaire, un des partis d'opposition appelant à manifester, devait rencontrer vendredi après-midi le Premier ministre Habib Essid, d'après le site de la radio privée Mosaïque FM.
Des manifestations contre le projet de loi ont déjà eu lieu dans plusieurs villes du pays, notamment le 1er septembre à Tunis où le cortège a été dispersé par la police.

L'ONG Human Rights Watch a appelé les autorités tunisiennes à respecter le droit à manifester.
"La Tunisie est indubitablement confrontée à de graves problèmes de sécurité mais la réaction musclée des autorités à ces manifestations pacifiques ne constitue en aucun cas le moyen de les résoudre", a déclaré dans un communiqué le directeur-adjoint de l'ONG pour la région Moyen-Orient et Afrique du nord, Eric Goldstein.

Le principal mouvement appelant à manifester samedi à Tunis contre un projet de loi controversé d'amnistie des délits de corruption a indiqué vendredi maintenir ce rassemblement malgré l'interdiction des autorités et assumer ses responsabilités."Nous avons décidé de descendre dans la rue et d'assumer nos responsabilités envers les campagnes de répression et d'intimidation dont nous ferons l'objet", a déclaré à la presse l'avocat Charfeddine Kellil, responsable de "Non, nous n'allons pas pardonner", un mouvement citoyen créé après l'annonce du projet de loi. "Nous espérons que l'autorité ne glisse pas vers ce faux choix (de réprimer), dont l'échec a été démontré" par le passé, a-t-il ajouté.Ce mouvement ainsi que plusieurs partis d'opposition et des personnalités indépendantes ont appelé à manifester samedi...