Le chef de la diplomatie italienne a salué samedi la prise de conscience du drame commun aux 28 pays de l'Union européenne que provoque la vague d'immigration actuelle, alors que deux nouveaux cadavres ont été débarqués à Messine (Sicile) avec 683 immigrants secourus en Méditerranée.
Ces derniers ont été secourus par le navire italien Diciotti. Les causes des morts des deux naufragés, qui s'ajoutent aux centaines d'autres ces derniers jours et semaines, n'est pas connue.
Des centaines d'autres migrants secourus vendredi sont arrivés ou devaient arriver samedi dans d'autres ports italiens, notamment Corigliano en Calabre, et Tarente, au sud des Pouilles.
Dans une interview au quotidien Repubblica, le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a souligné que le drame des 71 migrants trouvés morts jeudi dans un camion au bord d'une autoroute autrichienne, avait contribué à la nouvelle prise de conscience: "Dans les heures de la découverte de la tragédie, je me trouvais à Vienne pour un sommet de l'Europe et des Balkans. Il suffisait de regarder les visages des collègues pour comprendre: nous sommes tous impliqués".
"Jusqu'à récemment, a-t-il ajouté, l'idée s'imposait que c'était seulement une urgence italienne et grecque, mais, ces dernières semaines, s'est imposée la prise de conscience d'un problème touchant l'Europe entière. Dans les deux derniers mois, la perception a évolué de manière significative".
"Certains gouvernements, a relevé le ministre, qui avaient résisté au principe de la distribution des réfugiés, comme l'Autriche et la Slovénie, changent de position".
Selon l'Italie, il convient de revoir le traité de Dublin: "Il faut changer des normes conçues il y a 25 ans, en introduisant graduellement un concept révolutionnaire: les migrants n'entrent plus en Italie, en Grèce, en Hongrie, là où la géographie ou le destin les font démarquer, mais en Europe. Et cela veut dire prévoir la perspective d'un droit d'asile européen valide pour tous les pays".
"Ce doit être l'Union européenne qui définisse quels sont les pays dits sûrs, et quels sont les pays dont les populations ont besoin d'une protection internationale", a-t-il souligné.
"Les rapatriements, a-t-il poursuivi, doivent être gérés au niveau européen. Et, bien sûr, il faut un équilibre dans la distribution des réfugiés, sans lequel la pression majeure pourrait se déplacer des pays de première arrivée comme la Grèce et l'Italie à des pays où le système social est plus généreux, comme la Suède et l'Allemagne".
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Migrants : deux nouveaux cadavres, Rome salue une prise de conscience européenne
AFP / le 29 août 2015 à 14h10


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