Des centaines d'Arméniens continuaient lundi matin d'occuper la place centrale d'Erevan, bloquant le trafic sur la principale artère de la capitale, au lendemain d'un ultimatum de la police qui n'a pas mis à exécution sa menace de disperser la foule.
La veille, ils étaient environ 10.000 à scander des slogans, comme "Arménie! Arménie!" ou "Non au vol" sous les fenêtres du palais présidentiel, ignorant les injonctions de la police. Un important cordon policier a fait face jusqu'au bout de la nuit aux manifestants qui, au petit matin, ont fini par se disperser, à l'exception de quelques centaines d'irréductibles. Ces mêmes manifestants étaient donc toujours là lundi matin, au onzième jour de manifestations contre une hausse du prix de l'électricité.
Sous pression, le président Serge Sarkissian avait promis samedi de faire temporairement "supporter le poids" de l'augmentation du tarif de l'électricité au gouvernement, sans préciser de quelle manière, jusqu'à ce qu'un audit auprès de Réseaux d'électricité d'Arménie (ENA) détermine si la hausse est justifiée. Cette promesse n'avait pas convaincu les manifestants, dont 10.000 s'étaient regroupés samedi quelques heures après ses déclarations pour promettre de continuer d'occuper la rue. L'ambassade des Etats-Unis en Arménie s'est déclarée "préoccupée par la situation tendue dans le centre-ville (d'Erevan)", selon un communiqué publié dimanche. "Nous demandons à chaque camp d'observer un comportement pacifique, modéré, correspondant aux valeurs démocratiques", a-t-elle ajouté.
Commencée le 19 juin, les manifestations ont pris de l'ampleur après la brève arrestation mardi matin de 237 manifestants et la violente dispersion par la police de centaines d'autres. Au centre de leurs revendications: le gel de la hausse de 16% du tarif d'électricité demandée au gouvernement arménien par ENA, propriété du russe Inter-RAO, détenu par Igor Setchine, proche du président russe Vladimir Poutine. Réseaux d'électricité d'Arménie pourrait être vendue, avait annoncé samedi le président arménien. Le groupe Inter-RAO est déjà en négociation avec plusieurs hommes d'affaires russes d'origine arménienne, révèle par ailleurs le quotidien russe Kommersant lundi. Mais la vente d'ENA s'avère compliquée: la société a accumulé beaucoup de dettes, qu'elle espérait éponger grâce à la hausse du tarif d'électricité.
Dernières Infos
Arménie : des centaines de manifestants à Erevan pour la 11e journée consécutive
AFP / le 29 juin 2015 à 10h49

