Des manuscrits irakiens rares et certains fac-similés des manuscrits de Mossoul, exfiltrés de justesse l'été dernier pour échapper aux destructions du groupe Etat islamique (Daech), sont exposés aux Archives nationales à Paris jusqu'au 24 août.
L'exposition "Mésopotamie, carrefour des cultures - grandes heures des manuscrits irakiens" regroupe quelques pièces très rares en syriaque, araméen, arabe, beaucoup collectées par les frères dominicains.
Elle retrace l'histoire des missions et de l'implantation des religieux dans la plaine de Mésopotamie (Irak), considérée "comme l'un des plus vieux foyers du monde chrétien", explique le conservateur Jacques Charles-Gaffiot.
L'exposition regroupe aussi bien des manuscrits de juristes, de grammairiens, de poètes arabes, des homélies chrétiennes écrites en arabe, un traité de médecine en syriaque, des textes religieux, évangiles ou corans. Une pièce rare: un coran de Bagdad de la fin du 12e siècle, probablement annoté par le dominicain Riccoldo da Monte Croce (1243-1320).
La deuxième partie de l'exposition est constituée par sept fac-similés de grande qualité de manuscrits provenant de la bibliothèque dominicaine de Mossoul, déménagée en urgence l'été dernier lors de la prise de Mossoul et de Qaraqosh par les troupes du groupe Etat islamique (EI) et l'exode massif des populations chrétiennes de ces deux villes vers Erbil dans le Kurdistan voisin.
"Ces manuscrits sont en sécurité, cachés quelque part au Kurdistan", a indiqué à l'AFP le frère Najeeb, un Irakien, qui les a protégés et transportés. "Ce que nous essayons de faire, c'est de sauver le patrimoine que Daech essaie de détruire" a-t-il ajouté.
"Au total, notre centre a numérisé quelque 8.000 manuscrits sur disque dur, mais aujourd'hui la moitié d'entre eux - qui n'étaient pas conservés par les dominicains, n'existent plus", a-t-il ajouté.
Selon l'Unesco, l'EI a détruit volontairement quantité de trésors culturels pré-islamiques ainsi que des sanctuaires des patrimoines chrétiens, juifs ou musulmans que les jihadistes considèrent comme idolâtres ou hérétiques, à Mossoul et sur plusieurs sites en Irak. L'EI s'est ainsi vanté ces derniers mois d'avoir détruit ou endommagé les grands sites archéologiques de Nimroud et Hatra en Irak.
Le 7 août dernier, lors de l'attaque des jihadistes contre Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak, plus de 1.500 manuscrits sont partis en fumée, avait déclaré à l'AFP le patriarche chaldéen Louis Sako.
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Face aux destructions de l'EI, Paris expose des manuscrits irakiens rares
AFP / le 20 mai 2015 à 03h19


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