Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a exprimé, avant d'entamer dimanche ses entretiens à Ryad, "le soutien" de la France à l'Arabie saoudite qui mène une campagne au Yémen voisin contre une rébellion chiite.
"Concernant le Yémen, nous venons manifester notre soutien, surtout politique, aux autorités saoudiennes", a déclaré M. Fabius à la presse, alors qu'il commençait une série de discussions avec les principaux dirigeants saoudiens, dont le nouveau roi Salmane.
L'Arabie saoudite dirige une coalition de neuf pays arabes, qui mène depuis le 26 mars des frappes quotidiennes au Yémen pour empêcher des rebelles chiites Houthis liés à l'Iran de prendre le contrôle de l'ensemble du territoire yéménite.
Le royaume sunnite saoudien, qui partage au sud une longue frontière avec le Yémen, voit dans la rébellion soutenue par son grand rival chiite iranien une menace pour sa sécurité.
M. Fabius devait réaffirmer à ses hôtes saoudiens que "la France se tient naturellement aux côtés de ses partenaires de la région pour restaurer la stabilité du Yémen", selon son entourage.
Paris considère que le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui a été contraint de se réfugier en Arabie saoudite, est l'"autorité légitime" au Yémen et qu'il faut aller "vers une solution politique" dans ce pays.
Outre un entretien avec le roi Salmane, M. Fabius devait s'entretenir à Riyad avec le ministre de la Défense Mohammed ben Salmane, fils du roi et un des dirigeants des opérations au Yémen.
L'Arabie saoudite s'inquiète également de l'accord-cadre passé début avril sur le nucléaire iranien par six grandes puissances, dont la France. Elle redoute que Téhéran se dote in fine de l'arme nucléaire en dépit de cet accord qui doit limiter ses capacités nucléaires à des activités purement civiles.
Cet accord-cadre doit être finalisé d'ici au 30 juin.
M. Fabius a répété dimanche qu'il fallait parvenir à un "accord solide", faute de quoi "cela peut déboucher sur une prolifération de l'arme nucléaire dans la région".
"Il faut que l'AIEA (Agence Internationale de l'énergie atomique) ait la possibilité de vérifier les sites iraniens", selon lui. De même, les sanctions imposées à l'Iran doivent être levées "progressivement" et doivent être réversibles, c'est-à-dire qu'elles seraient réimposées si l'Iran viole ses engagements. "Tout cela a été discuté, mais on ne s'est pas mis d'accord".
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Fabius entame ses entretiens à Riyad, exprime le soutien de Paris
AFP / le 12 avril 2015 à 10h58

