Dans la vague des accusations de plagiat que les artistes ont pris l'habitude de se lancer sur Facebook, Twitter, Instagram ou autres Flickr, la dernière attaque en date vise la photographe Lara Zankoul. Sur Behance.com une plate-forme en ligne pour les professionnels créatifs qui veulent exposer leurs travaux, dans une section consacrée au « plagiat dans l'art », un post anonyme attire l'attention sur les similarités qui existent entre l'œuvre de l'artiste conceptuelle libanaise et celle d'une photographe française nommée Julie De Waroquier. Le « post » date du premier août 2014. Il y a 48 heures, il a été repris sur la page Facebook de la « Arab Images Foundation » (à ne pas confondre avec la Arab Image Foundation, le « s » faisant toute la différence, mais c'est déjà une autre histoire), ce réquisitoire fait des remous, soulevant l'ire des uns et les acclamations des autres. D'un côté ceux qui se rebiffent en disant que l'art puise souvent à des sources d'inspiration similaires et de l'autre ceux qui clament haut et fort qu'il est venu le temps ou le copiage doit cesser. Au-delà de la dispute entre ces deux artistes conceptuelles qui travaillent en parallèle et même ensemble, semble-t-il, toute une polémique fait rage actuellement sur l'art du copiage.
« Il y a beaucoup de copiage sur le marché libanais et moyen-oriental. Les amateurs et les professionnels qui suivent le marché le savent. Il fallait crever cet abcès qui était entrain de grandir. Être inspiré, c'est bien, mais c'est comme l'eau qui coule, il faut aller à la source et la citer », s'indigne le photographe Samer Mohdad, directeur de l'ONG AIF (avec s) en justifiant le choix de poster la nouvelle « pour lancer la discussion sur les pratiques artistiques contemporaines au Liban et ailleurs dans le monde arabe ».
Car apparemment, l'épidémie de la traque au « cloné ou pas cloné » gagne tout le monde de l'art : Jeff Koons accusé de contrefaçon, un artiste saoudien qui traduit en justice un géant de l'horlogerie suisse et on en passe...
Mais dans ce cas en particulier, la police du copiage aura du mal à trancher. « Les deux artistes ayant collaboré au sein d'un même groupe avec deux autres artistes à Paris et exposé ensemble en 2011 en France », comme l'a noté le fondateur de la galerie Ayyam, Khaled Samawi. « Je connais Lara Zankoul depuis 3 ans déjà et après les expérimentations et un travail ardu, sa dernière série "Above-underwater" est le parfait exemple du travail d'une jeune artiste autodidacte s'attelant à développer son art. » Pour conclure, il a cité Picasso : « Les bons artistes copient, les grands artistes volent. »
La copie et le génie, discussion sempiternelle que le net enflamme et renflamme.
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Et L.Z., elle en dit quoi ?
Contactée hier dans la journée, l'artiste Lara Zankoul n'a pas donné suite aux appels cherchant à éclaircir la situation « facebookienne ». C'est sur ce réseau pourtant qu'elle a choisi de s'exprimer uniquement, appuyant les propos du directeur de la galerie Ayyam dont elle est l'un des poulains.


IL Y A UN TRAFIC ÉNORME D'OEUVRES ( TALBEAUX ) QUI VIENNENT DE L'AMÉRIQUE LATINE ET DANS LEQUEL LES PEINTRES DU MONDE ENTIER Y PUISENT... CAR LA PIÈCE S'ACHÈTE ENTRE CINQ À MAXIMUM DIX DOLLARS... PLUS LE TRANSPORT REVENANT À MOINS DE VINGT DOLLARS... LES PEINTRES, AI-JE DIT, Y PUISENT... CHACUN SIGNE CE QU'IL A ACHETÉ ET VEND CES COPIES... CAR DE COPIES EN MAJORITÉ IL S'AGIT... AUX COMMUNS DES IMBÉCILES QUI S'ÉMERVEILLENT DU PRIX ALLÉCHANT ET CROIENT AVOIR ACQUIS UNE OEUVRE D'ART ORIGINALE !!! QUE DE TELLES PIÈCES SONT EXPOSÉES DANS DES EXPOSITIONS DITES D'ART Où L'ACHETEUR SE LAISSE BERNER...
10 h 44, le 20 février 2015