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Culture - Concert

Mélodies au bout d’une flûte à bec et d’un clavecin

Musique douce et rare, mêlant pépiement des oiseaux, chant de la nature et danse de cour de la Renaissance grâce au souffle des flûtes et d'un clavecin. Et cela dans le concert de mardi soir donné par le Conservatoire national supérieur de musique à l'amphithéâtre Aboukhater (USJ).

Farid Rahmé et Olga Bolun interprétant des partitions au panaché impressionant.

Trois instruments de musique sur scène: des flûtes, se déclinant en plusieurs tailles, allant de la plus aiguë à la plus grave, un piano et un clavecin. Avec deux musiciens, Farid Rahmé, pour la commande du vent et de ses nuances, et Olga Bolun, pour lui donner la réplique aux cordes des claviers.
Au menu, des partitions au panaché impressionnant incluant musique médiévale, pages baroques et compositeurs modernes aussi bien européens (allemands, français, anglais) que japonais. Et on cite les œuvres de musiciens peu connus du grand public et d'autres à la réputation bien assise, à savoir : Eberhard Werdin, Giovanni Battista Fontana, Hans-Martin Linde, François Couperin, Walter Leigh, Makoto Shinohara, Georg Philipp Telemann.
Voilà une ronde aux sonorités et timbres irisés qui se déploient en une palette aux rythmes et aux cadences bien chevillés. Avec une constante, celle du chant d'une flûte toujours douce et caressante, même dans ses moments au lyrisme le plus discret.


En une solitude bien assumée, l'ouverture est accordée à un morceau médiéval qui, telle une sérénade de trouvère, à la fois joyeuse et mélancolique, jette ses embranchements entre pas de danse de cour et intermittences du cœur. Suit ce Divertimento de Werdin entre pavane et caprice d'un compositeur allemand contemporain qui affectionne une narration, toute en finesse, au temps de jadis. Avec brusquement quelque déraillement dans la ligne de la flûte et la synchronisation entre les deux instruments... Mais le compagnonnage se poursuit harmonieusement avec une sonate à l'italienne, très XVIe siècle, de Fontana. Et s'ouvre une volière dominée par le chant des oiseaux grâce au solo pour flûte de Linde où babil, gazouillis et alertes des geais de chêne fusionnent en une suite vertigineuse de vocalises. Tout en faisant la part belle au clavecin (à tout seigneur, tout honneur pour le roi de cet instrument qu'était Couperin), voilà que pour prendre le relais à tout ce volubile ramage, le Rossignol, sous la férule du musicien du XVIIe siècle, déclare sa flamme en volutes de rossignolades aux tons légers et affûtés.


Venu de l'empire où le soleil ne se couche jamais, ce Fragment en solo de flûte du musicien japonais Shinohara. Œuvre brève mais dense qui tranche sur l'ensemble par sa beauté sonore, étrange et étrangère. Un raffinement absolu et un dépouillement saisissant, avec ses silences, et sa lenteur secrète qui vient tel un cerisier en fleurs de la terre du Soleil-Levant... Faisant suite à cette estampe sonore aux contours vaporeux, Telemann en furtive Sonate aux quatre mouvements pour dispenser aux auditeurs tout le phrasé en vivacité et ornementation du baroque, apogée du contrepoint allemand.
Pour conclure, une Sonatine pour flûte et piano du compositeur contemporain anglais Walter Leigh. Concise et élégante narration où les cordes du clavier prolongent le souffle d'un instrument à vent doté de toutes les séductions.
Public nombreux, gerbe de fleurs, salves d'applaudissements et révérence des deux musiciens, pour une
prestation plus que louable. Avec en prime la (re)découverte du talent de flûtiste du jeune Farid Rahmé.

Trois instruments de musique sur scène: des flûtes, se déclinant en plusieurs tailles, allant de la plus aiguë à la plus grave, un piano et un clavecin. Avec deux musiciens, Farid Rahmé, pour la commande du vent et de ses nuances, et Olga Bolun, pour lui donner la réplique aux cordes des claviers.Au menu, des partitions au panaché impressionnant incluant musique médiévale, pages baroques et compositeurs modernes aussi bien européens (allemands, français, anglais) que japonais. Et on cite les œuvres de musiciens peu connus du grand public et d'autres à la réputation bien assise, à savoir : Eberhard Werdin, Giovanni Battista Fontana, Hans-Martin Linde, François Couperin, Walter Leigh, Makoto Shinohara, Georg Philipp Telemann.Voilà une ronde aux sonorités et timbres irisés qui se déploient en une palette aux rythmes et...
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